Le forum tenu le 29 mars dernier visait à rassembler des élèves de trois écoles secondaires de l'Est afin de connaître leur opinion sur les problématiques qu'ils vivent et d'écouter leurs suggestions pour y remédier. (Photo: Patrick Deschamps)
Contrer la violence et le décrochage scolaire? Les jeunes ont la solution!
La violence dans les écoles est un sujet bien d'actualité ces jours-ci. En fait, on pourrait dire que dans certains établissements, elle fait partie intégrante du quotidien des jeunes. Pour la contrer, ceux-ci proposent, entre autres, d'avoir plus de programmes sports-études dans les écoles et d'amener les différents groupes d'élèves à s'impliquer dans des activités parascolaires afin de « détruire les cliques » qui seraient à l'origine de certains cas de violence.
Des solutions comme celles-là, les élèves de troisième et quatrième secondaire des écoles de Rivière-des-Prairies, Pointe-aux-Trembles et Montréal-Nord en avaient quelques-unes à proposer lors du récent forum jeunesse de l'est de Montréal, qui s'est tenu à Boscoville 2000, le 29 mars dernier. Celui-ci visait à rassembler des élèves de trois écoles secondaires de l'Est afin de connaître leur opinion sur les problématiques qu'ils vivent et d'écouter leurs suggestions pour y remédier.
Tout au long de la journée, les jeunes ont eu la chance de s'exprimer à travers des ateliers portant sur différents thèmes qui sont au cœur des problématiques jeunesse, comme par exemple, la violence dans les écoles, le décrochage scolaire et la diversité culturelle.
« Les ateliers étaient animés par des intervenants, mais ce sont les jeunes qui apportaient les solutions », précise Guilton Pierre-Jean, coordonnateur de l'activité, tout en affirmant que cette façon de faire constituait une nouveauté par rapport à ce qui avait été fait par le passé. Le bilan de la journée a aussi été fait par les jeunes, devant une cinquantaine des personnes, dont les participants, les élus et les intervenants du milieu.
« On a remarqué qu'il y avait une séparation entre les nationalités dans les écoles. C'est divisé en cliques, fait remarquer une représentante des jeunes. Il faudrait briser ce modèle en utilisant l'école pour mettre en place des activités qui nous permettraient de mieux nous connaître », suggère-t-elle.
Pour contrer le décrochage scolaire, les participants au forum souhaiteraient la mise sur pied de plus d'activités parascolaires. « L'école devrait être un lieu amusant et non juste un lieu d'études, soutient une élève. On vit là plus qu'à la maison. Il faudrait aussi que les profs soient plus dynamiques, qu'il y ait plus de ressources pour aider les jeunes et que celles-ci soient plus disponibles. »
« Il faut des profs qui aiment ce qu'ils font, exprime un autre représentant jeunesse. De notre côté, on pourrait aussi intervenir directement auprès des jeunes. Chacun de nous peut être une ressource pour eux. Certains jeunes ont parfois besoin d'être brassés un peu. » Les jeunes ont également affirmé sentir trop de pression de la part de leurs parents. « Les parents mettent la barre trop haute, rapporte une autre élève. Ils ne voient pas les études de la même manière que nous. »
Avoir la chance de participer à des stages d'été et pouvoir se confier à des personnes de confiance aideraient également à prévenir le décrochage scolaire, selon les jeunes.
Application
Bien qu'ils affirment avoir la possibilité de s'exprimer librement, les jeunes du secondaire s'estiment, en général, peu écoutés par les adultes et déplorent que leurs commentaires ne soient pas pris en considération. Une situation qui pourrait bientôt changer, si on en croit les propos de M. Pierre-Jean, qui promet une suite à ce forum. « Nous sommes présentement à faire le bilan du forum. Nous tenterons par la suite de trouver des partenaires afin qu'ils débloquent des fonds pour la mise en œuvre des pistes de solutions proposées par les jeunes », explique-t-il.
De son côté, directeur adjoint à l'école secondaire Jean-Grou, Gaétan Grenier s'est dit enclin à écouter les jeunes et à prendre en considération leurs solutions, pour autant qu'elles soient réalisables. « On se rend compte que les jeunes ont leur place et on va trouver les moyens pour répondre à leurs demandes. Il faut toutefois prendre en compte que toutes les solutions ne peuvent être mises en application et qu'on ne peut malheureusement pas plaire à tout le monde. »