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La reprise de logement fait du ravage

Mariève Tremblay par Mariève Tremblay
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Article mis en ligne le 22 janvier 2007 à 17:46
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La reprise de logement fait du ravage
La reprise de logement fait du ravage
Le 1er juillet prochain, comme bien d'autres Québécois, Jeannine Cristea Millette devra déménager. Malheureusement, ce n'était pas son choix: pour la sixième fois, elle doit faire face à une reprise de logement.
À 71 ans, cette situation impose un stress immense à la résidente de Saint-Léonard, également trésorière d'Action Dignité. « C'est une catastrophe! En six mois, j'ai eu deux reprises de logement de suite! Moi, je sais dans quoi je m'embarque et ça m'empêche de bien vivre. Alors, je n'imagine même pas ce que ça doit être pour un locataire qui ne s'y connaît pas ou même pour un couple avec des enfants. On ne pense pas à tout ce que ça implique: changement d'adresse, frais de déménagement, frais de rebranchement, sans oublier qu'on peut parfois se retrouver dans un quartier totalement différent, sans service de proximité, loin de ses amis et de sa famille », s'exclame Mme Cristea Millette.

D'après Sylvie Dalpé, d'Action Dignité, c'est un fléau de plus en plus répandu à Saint-Léonard. « Souvent, des résidents m'appellent, inquiets, parce qu'ils viennent de recevoir une lettre de leur propriétaire leur disant qu'ils reprendront le logement à la fin du bail. C'est d'autant plus difficile pour eux, puisqu'à Saint-Léonard, il y a très peu de logements disponibles en ce moment à un coût raisonnable et salubre, soit entre 500 $ et 900 $ », explique-t-elle.

Selon une étude réalisée en 2006 par le Regroupement des comités logement et association locataires du Québec (RCLALQ), sur un échantillonnage de 252 décisions rendues par la Régie du logement dans des dossiers de tentatives de reprises de logements à Saint-Léonard, neuf reprises ont été accordées, alors que seulement deux ont été refusées. L'arrondissement fait également partie de ceux dont la proportion de reprises est supérieure à la portion de ménages locataires. Parmi les nombreuses hypothèses apportées par cette recherche, on mentionne entre autres celle voulant que les propriétaires souhaitent reprendre un logement dont le locataire paie un loyer inférieur au prix du marché. « Parfois, ce sont tout simplement des fausses reprises, mais c'est tellement difficile de le prouver, que les gens sont tout de même obligés de quitter leur logement », avoue Mme Dalpé.
Connaître ses droits
Afin d'éviter le pire lors d'une reprise de logement, le comité logement de Saint-Léonard recommande de toujours refuser la demande de reprise de logement. « Lorsque les gens reçoivent la lettre par courrier recommandé, ils ont le choix de dire oui, je vais quitter, ou non, je refuse. S'ils refusent, ils se rendront devant la Régie du logement, qui elle, prendra la décision finale », explique Mme Dalpé.
Au moins, selon elle, les locataires peuvent parfois recevoir des dédommagements pour les frais de déménagement et de rebranchement. « S'ils acceptent, sans contester la reprise de logement, alors là, ils n'auront vraiment aucune aide financière », ajoute-t-elle.

Quant à Mme Cristea Millette, elle estime qu'encore trop de gens craignent leur propriétaire. « Au fond, quand on signe un bail, on est un peu propriétaire. Ce n'est pas vrai qu'ils ont tous les droits. La reprise de logement, en tout cas, n'est pas un droit acquis. D'ailleurs à ce sujet-là, il faudrait que les élus de l'arrondissement soient sensibilisés à cette problématique. On dit qu'il faut un village pour élever un enfant: on ne peut pas trimballer quelqu'un comme ça toute une vie, on a droit de retrouver notre tranquillité d'esprit et de vivre en paix », mentionne-t-elle. Elle ajoute également que toute personne vivant une situation semblable peut rejoindre le comité Action Dignité au 514 251-2874.

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