Le 14 janvier, l'arrondissement de Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles avait mandaté l'entrepreneur Dessau-Soprin pour prendre des échantillons de sol dans le parc René-Masson. Ces échantillons sont nécessaires pour compléter la demande d'obtention d'un certificat d'autorisation du MDDEP pour aller de l'avant avec le projet de construction. L'entrepreneur est entré dans le parc avec une pelle mécanique afin de créer une tranchée pour permettre le passage d'une excavatrice. L'équipement lourd a fauché plusieurs arbres sur son passage, ce qui a valu un avis d'infraction à l'arrondissement. (Photo: archives)
Un projet qui fait encore jaser
Construction dans le parc René-Masson
Le projet de construction d'une maison de la culture et d'un bureau d'arrondissement dans le parc René-Masson fait encore jaser. En séance du conseil d'arrondissement la semaine dernière, le choix de l'emplacement a une fois de plus été remis en question.
Conseiller en communications au Conseil régional de l'environnement (CRE) de Montréal, Mathieu Leclerc a affirmé qu'une étude de localisation menée par l'organisme a permis d'identifier au moins six sites alternatifs au parc René-Masson qui pourraient accueillir les futurs bureaux d'arrondissement et la maison de la culture à Rivière-des-Prairies. Cinq d'entre eux, appartenant à la Ville de Montréal, répondraient aux critères de localisation identifiés par l'arrondissement, soit la desserte en transport en commun, la superficie minimale, le coût du terrain et le lien avec les autres équipements institutionnels. « C'est la preuve qu'il est possible de construire ces équipements sans détruire une partie du milieu humide du parc René-Masson », a commenté le CRE dans un communiqué envoyé en début de semaine.
« Cette étude aurait dû être réalisée par l'arrondissement. Quel exemple la Ville donne-t-elle aux entrepreneurs et aux citoyens? », a questionné M. Leclerc. En s'adressant aux élus, il a ajouté: « Que répondez-vous à cette étude? »
Le maire, Cosmo Maciocia, a affirmé que l'arrondissement avait réalisé une telle étude et que celle-ci avait été transmise « aux services compétents » et qu'une réponse était attendue cette semaine. Cette affirmation du maire de l'arrondissement a fait bondir la conseillère Suzanne Décarie, qui a avoué n'avoir jamais entendu parler que d'autres sites avaient été envisagés par l'arrondissement concernant la construction d'un établissement culturel et institutionnel dans le parc René-Masson.
« S’il a une étude en main, il est déplorable qu’il ne l’ait jamais rendue publique. C’est de l’information que les citoyens sont en droit d’avoir », a dénoncé la conseillère dans un communiqué.
Par ailleurs, le CRE de Montréal continue de mettre en doute l'argument de l'arrondissement selon lequel la destruction d'une partie du parc René-Masson sera compensée par la protection de 10 hectares de terrains située dans la coulée Grou. « La coulée Grou est un éco-territoire identifié par la Ville de Montréal en 2004 et les 10 hectares visés appartiennent déjà à la Ville. Doit-on comprendre que si la construction de la maison de la culture et des bureaux d'arrondissement ne se fait pas dans le milieu humide du parc René-Masson, l'arrondissement va utiliser les 10 hectares de terrains situés dans l'éco-territoire de la coulée Grou pour faire du développement? », se demande le directeur de l'organisme, André Porlier. La même question a été posée par Coralie Deny, chargée de projet au CRE, en séance du conseil d'arrondissement.
Sacage
Inquiète de savoir si elle devra payer les dommages causés, en janvier dernier, par un entrepreneur dans le parc René-Masson, une citoyenne de la 48e Avenue, à Rivière-des-Prairies, s'est adressée aux élus en ces termes: « Combien coûte le saccage qui a eu lieu dans le parc? Allons-nous, citoyens, devoir payer pour ça? ». Le maire a répondu que le coût relatif à la restauration de la partie endommagée était compris dans le prix total de la bâtisse, évalué à 18,4 M$.
Les terrains identifiés par le CRE
Parmi les terrains potentiels identifiés par l'organisme en environnement, quatre se trouvent à Rivière-des-Prairies et deux à Pointe-aux-Trembles. L'un d'eux est localisé un peu à l'est du boulevard Saint-Jean-Baptiste, juste au nord de l'autoroute 40, relativement au centre par rapport aux deux secteurs de l'arrondissement. Il est possible de consulter l'étude réalisée par l'organisme en se rendant sur son site Internet au
www.cremtl.qc.ca.