Le président de la Centrale des syndicats du Québec, Réjean Parent, souhaite un plan d'intervention provincial pour contrer la cyberintimidation.- (Photo: Patrick Deschamps)
Un phénomène inquiétant
Environ 20 p. cent des enseignants quittent leur poste au cours des cinq premières années de leur carrière. Ils abandonnent. Visiblement inquiète de cette hémorragie alors qu'on note une pénurie d'enseignants, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a décidé de mener un vaste sondage à travers ses membres. Les résultats ont été révélateurs d'un mal qui s'étend.
Avec la montée de la violence, la CSQ craignait que les enseignants ne soient victimes de menaces ou de cyberinitimidation. L'étude, menée auprès de 1200 membres de la centrale syndicale, a révélé que seulement 5 p. cent des membres du personnel des établissements scolaires sont victimes de cyberintimidation. Les vraies victimes, ce sont plutôt les élèves.
« Les élèves qui sont les premières victimes de la cyberintimidation et les trois quarts du personnel de l'éducation se sentent démunis devant ce phénomène en émergence. Cette forme de violence sournoise et pernicieuse s'ajoute aux autres formes de violence en milieu scolaire et il faut s'y attaquer sans délai », soutient le président de la CSQ, Réjean Parent. Le quart des personnes sondées connaît au moins un jeune victime de cyberintimidation.
À cet égard, la CSQ revendique un plan d'action du ministère de l'Éducation. « On n'a pas besoin des millions de dollars, mais il faut prendre conscience du problème. Est-ce qu'on va attendre d'avoir un suicide pour mettre en place un plan d'intervention? », clame M. Parent. Il précise que les établissements scolaires doivent aussi se donner des règles claires et qu'elles soient mises en application.