Mort d'un enfant: de l'aide existe
Il y a une semaine, un bébé de 14 mois perdait subitement la vie dans une garderie en milieu familial de Rivière-des-Prairies. Catastrophique pour les parents, ce type de décès est aussi une dure épreuve pour l'entourage de la victime. De telles situations nécessitent souvent une aide extérieure, laquelle peut être fournie par différents organismes, souvent peu connus.
Urgence psychosociale – justice (UPS-J) offre une aide immédiate et ponctuelle aux personnes vivant une situation de crise à la suite, par exemple, du décès d'un proche dont la nature n'est pas criminelle. Seuls les réseaux institutionnels et communautaires, les policiers, les ambulanciers et, dans certains cas, le coroner peuvent faire appel aux services d'UPS-J. Ils sont tenus de le faire seulement « quand les réactions de la personne sont hors de l'ordinaire », précise le chef de l'administration des programmes au CSSS Jeanne-Mance, auquel est affilié l'organisme, Jason Champagne.
Lorsqu'un appel est logé à UPS-J, les équipes d'intervention mettent en moyenne 20 minutes avant d'arriver sur les lieux. Celles-ci sont généralement composées de deux intervenants, soit d'un travailleur social, d'un psycho-éducateur ou d'un psychologue selon le cas, et d'une infirmière.
Une fois sur place, les intervenants « identifient la personne la plus fragile ou la plus touchée par le décès et, s'il y a lieu, estiment la dangerosité en lien avec son état mental, explique M. Champagne. Si la personne en crise présente un danger pour elle-même, on est en droit de l'emmener contre son gré à l'hôpital, puisqu'on a été mandaté par l'Agence de santé et de services sociaux de Montréal ».
L'organisme a aussi le mandat d'identifier et d'utiliser le réseau social de la personne affectée par le décès afin de lui assurer un support pour les 24 à 48 heures suivant le décès. UPS-J existe depuis 10 ans et dessert toute l'île de Montréal.
Suivi à long terme
De son côté, le centre Jeremy Rill vient en aide aux personnes affectées par la mort subite d'un enfant de moins de 2 ans dont la cause est en apparence inexpliquée. Affilié à l'Hôpital de Montréal pour enfants, le centre a été créé en 1986 par des parents dont le bébé a été victime du syndrome de la mort subite du nourrisson.
« Dans les cas de décès d'enfants dont la cause demeure inexpliquée, il y a toujours de la culpabilité, explique le docteur Aurore Côté, médecin consultant au centre Jeremy Rill et chercheure des causes de mort subite à l'Hôpital de Montréal pour enfants.
« Lorsqu'un enfant décède en garderie, c'est non seulement les parents qui sont en état de choc, mais aussi le personnel du milieu de garde. Notre rôle, dans ce cas, sera de donner des informations sur le décès subi, d'expliquer que toutes sortes de causes peuvent être trouvées, même si ça prend du temps. On explore avec les personnes ce qu'elles veulent vraiment. On est comme une sorte de guide pour qu'elles trouvent les ressources pour passer au travers de cette épreuve. »
L'aide des spécialistes du centre Jeremy Rill arrive généralement dans les deux à trois jours suivant le décès et peut se poursuivre pendant plusieurs années. « Si les personnes peuvent se déplacer, elles le font, mais la plupart du temps, les interventions se font par téléphone », laisse savoir le docteur Côté.
Le centre tient un registre de toutes les personnes qui ont fait appel à ses services un peu partout au Québec afin de pouvoir assurer un suivi. «On a un moyen de se rappeler la date à laquelle l'enfant est décédé. On peut donc envoyer une carte aux parents le jour de l'anniversaire du décès et ça fait souvent une différence dans la vie de ces gens », conclut le docteur Côté.
On peut obtenir plus d'information sur le centre en composant le 514 412-4400, poste 23991.
Un texte concernant le décès tragique du bambin a été mis en ligne sur le
www.linformateurrdp.com le 19 décembre dernier.