MONTREAL - Le Collège des médecins du Québec se dit fier de ses démarches pour reconnaître les médecins diplômés à l'étranger, ce qui fait sourciller plusieurs d'entre eux, qui jugent encore trop maigres les progrès en la matière.
"On a fait beaucoup pour alléger tout ce que les médecins étrangers ont à traverser en venant au Québec. C'est un problème canadien. On fait déjà beaucoup", a opiné mardi le président-directeur général du collège, le docteur Yves Lamontagne.
Il affirme que le Québec fait même mieux que l'Ontario en la matière, maintenant, bien que tous les chiffres ne soient pas disponibles.
En fait, le Collège des médecins a émis 44 nouveaux permis à des médecins diplômés à l'étranger en 2007.
Le collège a aussi accordé 414 renouvellements de permis cette année-là à des médecins diplômés à l'étranger. Un permis restrictif d'un an peut ainsi être renouvelé chaque année, pendant cinq ans, avant d'être transformé en permis régulier de pratique.
En 2007, le collège a émis 972 permis en général, dont 451 à des Canadiens.
L'Ontario, à titre de comparaison, en a émis 1404.
"Je suis un peu tanné de me faire dire que c'est toujours la faute du Collège des médecins face aux médecins étrangers. Depuis que je suis ici, toute l'équipe au collège a poussé pour aplanir le plus possible les situations", affirme le docteur Lamontagne, ajoutant que le collège n'est pas le seul acteur dans ce dossier.
Il rappelle ainsi que les postes de résidence en médecine relèvent des facultés de médecine des universités, non du Collège des médecins, et que d'autres examens doivent également être passés avec succès par le candidat pour mesurer sa connaissance du français.
"Le collège a fait un travail de titan et de collaboration avec tout le monde qui est impliqué dans ce système-là. Mais le Collège des médecins ne contrôle pas le système de santé", martèle le docteur Lamontagne.
Réaction
Le président de la coalition des associations de médecins diplômés à l'étranger, le docteur Comlan Amouzou, ne se satisfait pas de ces statistiques, estimant que le Collège des médecins et les universités se renvoient la balle et utilisent les chiffres qui font leur affaire, sans qu'ultimement le problème de reconnaissance des médecins diplômés à l'étranger ne soit réglé.
Il rejette cette comparaison du Québec avec l'Ontario, affirmant qu'en Ontario, des postes de résidence sont réservés aux médecins diplômés à l'étranger, par exemple, ce qui n'est pas le cas au Québec.
Au Québec, des postes de résidence ont même été laissés vacants, encore cette année, alors qu'il y a toujours pénurie de médecins, déplore-t-il.
"On pensait que le docteur Lamontagne allait nous apporter des solutions. Actuellement, il y a des départements dans nos hôpitaux qui vont fermer cet été, faute de personnel. Il faut envisager des solutions d'avenir et non tourner sur place et faire le statu quo", a protesté docteur Amouzou, qui a assisté à la conférence de presse du Collège des médecins, en compagnie d'un de ces médecins, Mahmoud Khodaveisi, diplômé en Iran, qui dit avoir passé avec succès tous les examens du collège, mais qui attend toujours une place.
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