OTTAWA - Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada estime que les Canadiens qui font une demande de passeport s'exposent à des risques majeurs en matière de sécurité, en raison de plusieurs faiblesses dans les différentes étapes du processus de traitement de ces demandes.
La commissaire Jennifer Stoddart a relevé plusieurs problèmes dans la manière dont les informations sont colligées, compilées, utilisées et éventuellement détruites.
Dans son rapport annuel présenté jeudi, la commissaire cite en exemple l'entreposage des demandes et des preuves justificatives qui sont conservées dans des sacs de plastique transparents et simplement déposés sur des tablettes.
Elles souligne que des formulaires comportant des informations personnelles sont déposés directement dans les rebus ou portés au recyclage sans avoir été préalablement déchiquetés. Dans d'autres cas, lorsque des documents ont été déchiquetés par un entrepreneur privé, les segments pouvaient facilement être réunis et ainsi donner accès aux informations personnelles.
Dans son rapport, Mme Stoddart a souligné que la formation des employés en matière de protection de la vie privée était inadéquate et a réitéré son appel à une réforme de la législation sur la protection de la vie privée adoptée, il y a un quart de siècle.
"Nous sommes considérablement en retard sur les questions de protection de la vie privée", a affirmé la commissaire en entrevue.
Elle a fait valoir que les systèmes informatiques permettent à un trop grand nombre d'employés d'avoir accès à certains dossiers de demande de passeport.
Passeport Canada, une agence du ministère des Affaires étrangères, a traité plus de 3,6 millions de demandes de passeport en 2006-2007.
Les renseignements fournis par les demandeurs incluent numéros de carte de crédit, noms, adresses, dates de naissance et parfois numéros d'assurance sociale, a noté la commissaire.
"Il y a des risques pour les citoyens si leurs informations personnelles sont perdues ou volées. Il est clair que de meilleures mesures de protections de ces données sont nécessaires", a soutenu Mme Stoddart.
La commissaire a noté que les employés à l'étranger avaient accès à des dossiers de demande de passeport traités par n'importe quel consulat à travers le monde, même si cette information leur était rarement nécessaire. Une ancienne employée avait même encore accès à ces dossiers, six mois après avoir quitté son emploi.
Mme Stoddart a soutenu que le ministère des Affaires étrangères pourrait réduire les risques en assurant un suivi sur les personnes qui ont accès aux dossiers de demande de passeport.
Son bureau a appris dans les médias qu'une brèche dans le système Internet de Passeport Canada avait permis à un Ontarien d'avoir accès aux dossiers d'autres demandeurs en changeant aléatoirement ses codes d'usager. Alerté, Passeport Canada a réglé le problème.
Dans un autre cas, un homme a reçu par la poste non seulement son nouveau passeport, mais aussi celui, expiré, d'une autre personne et d'autres documents personnels.
La commissaire a indiqué que Passeport Canada et les ministères des Affaires étrangères et du Commerce international s'étaient dits d'accord avec la plupart de ses recommandations.
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