MONTREAL - Trois groupes écologistes demandent au gouvernement du Québec de ne pas émettre de certificats d'autorisation en vue des travaux préparatoires de l'autoroute 25, du moins jusqu'à ce que le tribunal ait entendu le fond de la cause.
La Cour supérieure doit entendre leur contestation reliée au projet de l'autoroute 25 à compter de mercredi prochain.
Or, des demandes d'autorisation en vue de procéder à certains travaux pour l'autoroute 25 et le pont ont été déposées et ces groupes craignent qu'ils soient autorisés et qu'ils débutent, même, alors que la contestation du projet sera prochainement entendue devant la Cour supérieure.
Ces groupes - Equiterre, Greenpeace et le Conseil régional en environnement de Montréal - ont rencontré la presse, jeudi à Montréal, pour demander formellement au gouvernement de surseoir à ces démarches en attendant que le tribunal se soit prononcé.
"La ministre des Finances et présidente du Conseil du trésor Monique Jérôme-Forget parle souvent du syndrome de la pépine, ce gène mâle-là qui afflige une grande partie de l'humanité, (qui est) le fait de vouloir aller très, très vite au niveau de la construction. On fait appel au sens de la responsabilité de la ministre des Finances et on lui demande de pratiquer ce qu'elle prêche et de tenir en laisse ses pépines", a lancé avec humour M. Steven Guilbeault, du groupe Equiterre.
Les travaux préparatoires dont il est question seraient déjà assez avancés et irréversibles, aux dires de M. André Porlier, du Conseil régional de l'environnement de Montréal. Il s'agit notamment de construction de pylônes, de travaux d'excavation, de remblai et de drainage à Laval.
La coalition contre le prolongement de l'autoroute 25 tente de faire déclarer illégaux les décrets du gouvernement autorisant le prolongement de l'autoroute 25 dans l'est et la construction d'un pont entre Montréal et Laval. Elle fonde sa contestation sur le fait que lorsque le Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) a étudié le dossier, l'identité du promoteur privé et les répercussions environnementales complètes du projet n'étaient pas connues, ce qui, selon elle, rend illégaux les décrets qui ont suivi.
Les trois groupes affirment que le BAPE ne s'était penché que sur un concept, une idée vague du projet, et non sur le projet précis, avec toutes les données inhérentes.
Théoriquement, les trois groupes pourraient demander au tribunal d'émettre une injonction pour faire cesser les travaux préparatoires, le temps que le fond de la cause soit entendu, mais ils affirment que cela représenterait pour eux un lourd fardeau financier. Ils invitent donc le gouvernement à agir de façon "responsable" et à attendre jusqu'à la décision de la cour.
Réaction
Joint au téléphone, le ministère des Transports a laissé entendre qu'il n'interromprait pas le processus d'étude des demandes d'autorisation qui a été amorcé. "Les demandes sont sous analyse", a indiqué Daniel Desharnais, l'attaché de presse de la ministre Julie Boulet. "Il y a un processus qui suit son cours."
Il a souligné qu'il n'y avait "pas de travaux qui sont faits en ce moment" par l'entrepreneur.
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