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Souvenirs du jeune Séguin

Philippe Beauchemin par Philippe Beauchemin
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Article mis en ligne le 16 janvier 2007 à 12:33
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Souvenirs du jeune Séguin
Richard Séguin se souvient de son adolescence passée à Pointe-aux-Trembles. « On visite son enfance comme on visite son pays », dit-il. (Photo: gracieuseté)
Souvenirs du jeune Séguin
Pour éviter d’être taxé à la sortie des classes, le jeune Richard avait pris l’habitude de longer la voie ferrée qui passait derrière son école. Là, « Sous les cheminées » des raffineries, il pouvait rejoindre en toute quiétude sa famille installée dans un bungalow du quartier ouvrier de Pointe-aux-trembles.
« Sous les cheminées / Celles qui brûlent jour et nuit / Le soleil s'endort / Sur la lignée de wagons / À bien regarder / Rien n'a vraiment changé / Derrière la fumée / Maisons d'ouvriers ».

Les paroles de la chanson de Richard Séguin décrivent bien l’enfance et l‘adolescence du chanteur. Jusqu’à l’âge de 16 ans, Richard, ses trois sœurs et ses parents ont effectivement habité à l’ombre des raffineries de l’est de Montréal.

« Mon père travaillait pour Esso et il chantait dans la chorale de l’église le dimanche, se souvient Richard Séguin. D’aussi loin que je me rappelle, le travail de mon père et sa passion pour la musique étaient une partie prenante de notre vie familiale. Je pense qu’à cette époque, la musique transcendait tout le reste. Elle atténuait même l’état de pauvreté dans lequel on vivait. »

Les souvenirs d’enfance du chanteur refont surface : « Dans les années 1950, poursuit-il, les maisons poussaient comme des champignons autour des raffineries. On était une grande communauté. Les portes des bungalows étaient toujours ouvertes pour tous les enfants des ouvriers. Et en juillet, tous les travailleurs, qui étaient devenus des amis à cause des raffineries, prenaient leurs vacances au bord du même lac. Pour les enfants que nous étions, c’était parfait, car on pouvait continuer à voir nos amis d’école, même l’été ».
L’authenticité
Richard Séguin n’a jamais eu honte de dire qu’il avait grandi à l’ombre des pétrolières de Montréal-Est.
« Quelqu’un m’a déjà dit que le premier geste d’authenticité que l’on peut poser, c’est d’être capable de dire d’où on vient. Moi, je l’ai chanté sur mon album @Ri>Double Vie<@$p>, sorti en 1985 ».

On retrouve en effet sur ce disque la chanson « La raffinerie », vibrant hommage aux travailleurs des pétrolières. Mais plus que tout, cette composition est une véritable lettre d’amour de Richard à l’endroit de son père. « Ta sueur valait plus cher / Que tout l'pétrole / Qu'on te faisait raffiner / À longueur de journée / Je garde un cri sauvage / Comme unique héritage / Je garde un cri sauvage / Tout au creux de ma cage ».

« Encore aujourd’hui, quand je repense à cette époque ou quand je passe par là, j’ai de grandes bouffées d’émotion. Je revois la voie ferrée, les “tanks�? d’huile… Certaines choses n’ont pas changé ».
« Quand je reviens dans l’est de Montréal, j’ai des bouffées d’émotion et de souvenirs »
- Richard Séguin

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