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Deux filles dans le désert marocain

Une aventure humanitaire sur fond d'oasis

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 21 décembre 2006 à 8:45
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Deux filles dans le désert marocain
Corrine Paquin et Émilie Lebeau font partie des huit équipes féminines québécoises qui ont participé à l'édition 2006 du Trophée Roses des sables. (Photo: Régent Gosselin)
Deux filles dans le désert marocain
Une aventure humanitaire sur fond d'oasis
Elles ont fait preuve de beaucoup de sang froid et de détermination pour se sortir des griffes du désert marocain. Corrine Paquin et Émilie Lebeau, deux résidentes du quartier, ont de quoi claironner. En plus de se classer dans le quatuor de tête, elles ramènent de superbes images de leur périple de dix jours avec le Trophée Roses des sables. Oasis luxuriantes, sourires d'enfants et mers de dunes peuplent désormais leur imaginaire.
Corrine Paquin, 28 ans, directrice de production à la télévision, et Émilie Lebeau, 26 ans, adjointe de production en organisation d'événements, sont voisines de palier. Les deux résidentes du coin Hochelaga et Gascon ont traversé plus d'une fois le couloir qui les sépare, au cours des derniers mois, afin de préparer leur participation au Trophée Roses des sables.

« On se rencontrait pratiquement tous les soirs. C'était devenu quasiment un boulot à temps partiel en plus de nos jobs », blague Corrine Paquin. Recherche de commandites, ventes de garage, loterie, soirée spéciale, les deux filles n'ont pas ménagé leurs efforts pour réunir les 18 000 $ nécessaires à la participation à ce raid qui envoie pendant 10 jours 55 femmes en 4 x 4 à l'assaut du désert marocain.

« La recherche de financement représente déjà une grosse partie du chemin. Au cours des huit mois de préparation, on apprend beaucoup sur nous, on se construit un réseau », indique Émilie Lebeau.
CREVAISON DANS LES DUNES
Plus que par le trip désert, les deux jeunes femmes ont été interpellées par la mission humanitaire associée à l'aventure, puisqu'une partie du raid consiste à remettre 50 kg de matériel scolaire à de jeunes Marocains.
La course, qui se déroulait du 14 au 23 octobre, a commencé directement dans le sud du Maroc dans la ville d'Erfoud pour ensuite se prolonger sur les pistes de Merzouga, Alnif, Ourzazate et Marrakech. De nombreux défis attendaient les concurrentes: une étape marathon de deux jours en autonomie dans le désert, une longue et difficile traversée de dunes, une étape de nuit dans la noirceur la plus totale. L’objectif demeurait le même : rallier l’étape de la journée à l’aide d’un carnet de route, d’une carte et d’une boussole, tout en respectant les différents points de contrôle.

La rencontre avec les dunes marocaines a été l'épreuve de vérité pour l'équipage. « La conduite est très difficile dans les dunes. Ce matin-là, on avait vraiment mal au ventre devant ce qui nous attendait », raconte Émilie. Au bout de 10 km, leur véhicule, qu'elles avaient affectueusement baptisé Jolly Jumper, s'est enfoncé dans le sable, un pneu sorti de sa jante. Au bout d'une heure et demie de travail acharné en plein soleil, elles ont réussi à se sortir du pétrin. « J'étais écrasée par la chaleur dans la voiture pendant que Corrine changeait le pneu. Je pensais avoir une insolation », raconte Émilie.
DU SABLE DANS LA TÊTE
Autre moment éprouvant: de passage dans un village, elles sont rapidement entourées par une horde d'enfants qui secouent la voiture et arrachent les autocollants fixés sur la carrosserie. Plus de peur que de mal. Sorties de ce mauvais pas, elles s'égarent dans les vents de sable avant de finir par rejoindre d'autres véhicules de la course.
Après les épreuves, les bons souvenirs, comme le bivouac au clair de lune, dans des tentes montées par les Berbères, et le réconfort d'un bon tajine. Des souvenirs de solidarité et d'amitié également. «Cinquante-cinq filles qui se lèvent ensemble tous les matins, c'est spécial. Je redoutais un peu ce que ce serait, dit Corrine. En fin de compte, il y a eu beaucoup d'entraide. »

De leur aventure, les deux filles gardent en mémoire des journées riches en émotions, les moments passagers de découragement laissant place à l'émerveillement devant les somptueux paysages. « On revient avec du sable dans la tête. Le ciel étoilé, le silence du désert, des sourires d'enfants: on est riches d'images. Mais surtout, on a rencontré des gens qui, malgré qu'ils aient très peu, respirent la joie de vivre. De tout cela, on retient que, quelque part, le bonheur n'est pas dans le matériel. »

Rose RG0007.JPG

(Photo: Régent Gosselin)

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