Lors des deux jeux de rôle, des policiers ont interprété des adolescents interpellés par des patrouilleurs, alors que des jeunes se sont glissés dans l’uniforme du SPVM.
(Photo: Patrick Deschamps)
Jeunes et policiers établissent un dialogue
Plus d’une quarantaine d’adolescents et de jeunes adultes ainsi qu’une douzaine de policiers de tous les grades ont participé, le jeudi 18 juin, à l’activité Dialogue avec la police, tenue dans les locaux de Boscoville 2000.
Les policiers ont parlé de leur mission de maintien de la sécurité publique et de leurs méthodes d’intervention. Les jeunes ont présenté leurs doléances concernant l’intolérance des policiers face à l’exubérance ainsi qu’une certaine arrogance de la part de certains agents.
Les jeunes désirent être traités avec le respect dû à tout citoyen. Ceux-ci ont déclaré qu’ils n’appréciaient pas du tout se faire appeler par leur nom lors de tout contact avec les forces de l’ordre. Les policiers présents ont tous été surpris par cette déclaration et en ont pris bien note pour le futur. Les agents pensaient qu’en appelant un jeune par son nom, ils favorisaient un échange plus personnalisé.
Les adolescents ont rappelé que comparativement à l’ensemble de la population jeunesse, les membres de gangs de rue sont très peu nombreux dans un quartier qui est statistiquement l’endroit comptant le plus grand nombre de jeunes au Canada. Un habillement hip-hop ne fait pas d’un jeune un membre d’une bande criminalisée. Certains ont déploré l’approche conflictuelle d’agents de l’unité spécialisée Éclipse en soulignant que de manière générale les policiers locaux faisaient montre de plus de doigté.
De leur côté, les policiers ont rappelé que les signalements des suspects d’actes criminels sont rarement très détaillés. Ils doivent donc procéder à des vérifications d’identité des personnes présentes dans les environs, vêtues de manière similaire à l’individu recherché (par exemple: garçon de 16 à 18 ans, pantalons noirs « baggy », polar noir à capuchon et casquette de la même couleur). Les policiers se défendent bien de faire du profilage racial. Ces derniers déplorent que les jeunes rouspètent et adoptent une attitude frondeuse lors d’une interpellation ou d’une vérification d’identité. Cette façon de faire ne ferait qu’envenimer la situation.
Les agents rappellent qu’ils répondent souvent à des appels de citoyens riverains de parcs se plaignant de bruit excessif, d’une présence hors des heures permises ou de consommation d’alcool ou de drogues. Quand ils arrivent sur place, ils doivent donc agir pour ramener la paix des lieux tout en assurant leur sécurité.
Quiz et sketches
Un quiz jumelé à deux sketches ont permis aux jeunes d’en apprendre plus sur les règlements en vigueur et sur leurs droits.
Dans chacune de ces mises en scène, deux adolescents ont été invités à se mettre dans la peau des patrouilleurs appelés à intervenir auprès de jeunes qui étaient¬ interprétés par des policiers.
Des solutions?
Tant les policiers que les adolescents se sont entendus pour dire que la clé de la solution réside dans le savoir-être d’un côté comme de l’autre.
Tous s’entendent pour maintenir un dialogue. Les adolescents ont demandé que de l’information soit donnée à l’école afin que tous connaissent bien les règlements qui les touchent ainsi que leurs droits.
Les organisateurs de l’événement sont très heureux du déroulement de l’activité. Apollos Paul, le porte-parole du groupe de jeunes qui pilote ce projet, a remercié toutes les personnes présentes pour leur implication dans les discussions.
La commandante du poste de quartier 45, Julie Santerre, a mentionné que l’activité conjointe: « nous a permis d’identifier certains irritants pour les jeunes dans nos façons de faire. Il y a toujours place à l’amélioration ! ».
(Photo: Patrick Deschamps)
(Photo: Patrick Deschamps)