Le FIFHM et ses invités proposent aux publics de Montréal de découvrir et mieux comprendre les cultures vaudoue et haïtienne lors de sa 4e édition du 17 au 21 septembre. De gauche à droite, l'une des deux «Belles Déesses», prêtresse vaudoue qui participera à la journée conférence-débat du 20 septembre au Centre St-Pierre; Émile Castonguay, directeur de la programmation; Fabienne Colas, présidente et fondatrice du festival, et Francine Grimaldi, porte-parole du FIFHM.
(Photo: Jacques Pharand)
Le Vaudou au 4e Festival du film haïtien
Le vaudou sera le thème du prochain Festival International du Film Haïtien de Montréal (FIFHM) du 17 au 21 septembre, dont plusieurs activités se déroulent dans Saint-Léonard. «Afin d'ouvrir une fenêtre sur un sujet insaisissable, tabou et parfois controversé au sein même des communautés haïtiennes», explique Fabienne Colas, fondatrice du FIFHM. «Les cinéphiles pourront apprécier l’art cinématographique haïtien tout en ayant la chance de découvrir et d’explorer les réalités, les rites et les tabous reliés à la culture vaudoue…»
«On ne peut pas cerner le vaudou en cinq jours de festival», écrit Fabienne Colas, présidente et fondatrice du FIFHM. Mais, à force de me faire poser des questions sur le vaudou par mes amis, j’ai pensé qu’il était temps de commencer à en savoir plus…»
Qu’est-ce que le vaudou? De la sorcellerie? Une façon de vivre? Selon le musée d’Ethnographie de Genève, «ouvrir le dossier du vaudou haïtien, c’est ouvrir une immense boîte noire. Il ne se laisse pas enfermer dans les catégories classiques de religion ou de culture».
«Le vaudou fait partie intégrante de la culture de mon pays d’origine», poursuit Fabienne Colas. «Mais il demeure un des sujets les plus tabous dans la culture haïtienne. Il est peut-être, parfois, presque aussi difficile pour un Haïtien de classe moyenne d’avouer qu’il pratique le vaudou que d’avouer qu’il est homosexuel ou séropositif…»
Porte-parole du festival, Francine Grimaldi déclare :« Il ne faut pas avoir peur du vaudou, ce n’est pas de la magie noire ou de la sorcellerie, c’est plutôt un exutoire, une façon de vivre, une béquille comme toutes les autres religions. J’ai été marraine dans une cérémonie vaudoue. Ça fait sortir ce qu’il y a de mauvais en nous, ça défoule !» ajoute-t-elle en invitant «tous ceux qui ont des idées préconçues au festival du 17 au 21 septembre.»
Une sélection record
Afin de défendre l’art cinématographique haïtien, le FIFHM présentera donc une sélection record de 53 films dont 25 qui abordent la thématique du vaudou: fictions, courts et longs-métrages et documentaires qui proviennent de plusieurs pays. Ce sera la première rétrospective de cette importance sur le vaudou en Amérique du Nord!
Les films seront projetés au Cinéma ONF (1564 St Denis), au Cinéma du Parc (3575 du Parc) et au Cinéma Guzzo Lacordaire (5940 des Grandes Prairies). Le Festival propose même un forfait passeport à 45$ pour tous les films (sauf ceux d’ouverture et de clôture).
Premier film de la comédienne Fabienne Colas, «Minuit» ouvrira le festival en première mondiale le 17 septembre à 19h au Centre Leonardo Da Vinci (salle Saputo, 8350 Lacordaire) en racontant une histoire vaudoue au coeur de Montréal.
Le film «Ghosts of Cité Soleil» du réalisateur Asger Leth (sélectionné à Toronto) clôturera le Festival le 21 septembre à 20h au même endroit. Un documentaire à couper le souffle sur Cité Soleil, un bidonville de Port-au-Prince, décrit comme l’endroit le plus dangereux de la terre…
(Photo: Jacques Pharand)