La grogne plane chez les préposés du Groupe Champlain
Abolition de postes au CHSLD Marie-Victorin
Les préposés aux bénéficiaires du CHSLD Champlain Marie-Victorin ont manifesté hier, à la suite de l'annonce d'une réorganisation du travail par les gestionnaires de l'établissement. En effet, des postes à temps complet seront abolis afin d'être remplacés par des postes à temps partiel dès le mois d'octobre.
En tout, cinq postes à temps plein laissés vacants depuis un mois seront supprimés le 4 octobre au siège social du Groupe Champlain, une corporation de gestion de CHSLD privés conventionnés qui administre trois établissements dans la région métropolitaine et 12 centres d'hébergement répartis dans les régions de l'Outaouais, Québec-Chaudière-Appalaches, Laval-Laurentides-Lanaudière et en Montérégie.
La réorganisation dévoilée par une lettre de la direction régionale la semaine dernière prévoit la création de sept postes à temps partiel pour pallier à cette abolition. En négociations avec les gestionnaires du Groupe Champlain pour leur convention collective depuis 16 mois, les préposés aux bénéficiaires du CHSLD Marie-Victorin dénoncent le fait que leur employeur prenne une telle mesure tandis que les pourparlers sont en cours. «On ne comprend pas l'empressement de cette imposition de fermeture et la décision de l'employeur de ne pas attendre que les négociations se terminent. Ils veulent aussi compartimenter les services sur les étages, ce qui fera en sorte que les préposés ne pourront plus se promener entre les services selon les besoins du moment. La direction veut nommer un chef d'équipe par compartiment, ce qui ne nous pose aucun problème, mais nous voulons que le reste ne change pas. Nous allons vers une surcharge de travail! Nous sommes déjà à bout de souffle! L'employeur veut augmenter la qualité de services le soir, mais qu'en sera-t-il le jour? En plus, nous allons bientôt avoir des cas plus lourds », s'inquiétait Réal Richard, membre du comité exécutif et secrétaire général du Centre d'hébergement Marie-Victorin, lors de la manifestation de mercredi.
Inquiétude
Appuyant la démarche des préposés, quelques résidants du CHSLD sont sortis à l'extérieur lors de la manifestation, inquiets de voir la qualité des services diminuer. « Tout ce que nous voulons, c'est offrir des services de qualité. Les résidants le savent. Et pour ça, nous devons avoir des emplois de qualité! Nous sommes plus d'une centaine de préposés à temps plein et partiel à Marie-Victorin pour près de 300 résidants. On dénonce la décision de notre employeur parce que nous croyons que ça va créer de la pauvreté parmi les employés. Et c'est clair que ça entraînera une perte de qualité de soins. Les résidants nous posent des questions », a poursuivi M. Richard. « Nous sommes en négociation depuis 16 mois. Un des litiges est la réorganisation du travail et on cherche à s'entendre sur une nouvelle façon d'offrir un service de pointe. L'employeur n'a retenu aucune de nos suggestions, aucune », a-t-il martelé, ajoutant que le Syndicat québécois des employés et employées de service (SQEES) 298, affilié à la FTQ, somme le Groupe Champlain d'annuler sa décision. Selon les manifestants, la rumeur voudrait que les quarts de travail des préposés des autres établissements gérés par la corporation allaient bientôt subir le même traitement.
Aucun changement
Affirmant que la décision est finale, la directrice régionale du Groupe Champlain pour Montréal, Hélène Fortin, a persisté et signé alors que les préposés du CHSLD Gouin manifestaient devant leur établissement par solidarité avec le personnel du CHSLD Marie-Victorin, ce mercredi. « La décision a été prise de façon paritaire. Il s'agit d'une entente avec le syndicat des infirmières pour l'implantation de cette nouvelle structuration de travail. Il n'y a aucune abolition de postes, ce n'est qu'une révision de la structure. Le nombre d'heures sera réinjecté. Bien que le SQEES soit en désaccord, il n'y aura aucun changement », a-t-elle fait savoir.
Véronique Bérubé
Commentaire mis en ligne le 5 août 2008À l'attention de M. Willett:
Vos commentaires sont pourtant affichés juste en-dessous du texte et je n'ai pas à les inclure dans mon article.
Par ailleurs, je n'exerce aucun contrôle sur ce site.
Merci