Montréal espère que cette pluie d'incitatifs lui permettra de garder annuellement 7500 Montréalais qui, autrement, auraient plié bagage. (Photo: Jacques Pharand)
Montréal courtise les familles
Lancement de la politique « Pour grandir à Montréal »
Les 25-44 ans sont nombreux à déserter la métropole au profit de la banlieue. Trop nombreux au goût de Montréal qui souhaite renverser la vapeur et diminuer de 25% le nombre de ces départs, un phénomène qui touche tout particulièrement les familles.
En fait, les 850 mesures de la politique « Pour grandir à Montréal », lancée au parc Molson dans Rosemont–La Petite-Patrie, visent à améliorer tout particulièrement la vie des familles et des personnes âgées. Reste maintenant aux arrondissements à adapter cette réflexion selon leurs besoins spécifiques et à y investir les montants, à même leur propre budget.
Le plan montréalais souhaite faire en sorte qu'au moment de prendre une décision – aménagement urbain, transport, loisir, logement –, les 19 arrondissements aient toujours en tête le bien-être des familles. « On ne peut pas se passer de cette population, jeune, créative et innovatrice qui ne veut plus rester à Montréal », indique Marie-Andrée Beaudoin, responsable du développement social et communautaire au comité exécutif de Montréal et mairesse d'Ahuntsic-Cartierville.
Rosemont-La Petite-Patrie: un exemple
Déjà, certains arrondissements ont pris les devants et adopté une politique familiale locale. Premier constat: les sommes investies dans le plan familial varient grandement d'un endroit à l'autre. Par exemple, Ahuntsic-Cartierville y a consacré 13 M$ alors que le Plateau-Mont-Royal, qui déposait sa politique locale la semaine dernière, n'a pas d'enveloppe budgétaire dédiée. Au besoin, on puisera à même les montants dont disposent les différents services. Sinon, on mise sur des partenariats – écoles, police organismes communautaires – pour améliorer la vie de quartier.
L'an dernier, l’arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie lançait sa propre politique familiale: on a investi 7 M$ pour la réfection des aires de jeu sur tout le territoire, l'aménagement d’un centre de baignade familiale, la prolongation des heures d’ouverture des bibliothèques et une campagne de sécurité routière, entre autres choses. Une démarche qui a porté ses fruits et qui a inspiré la politique montréalaise, souligne le maire de Rosemont–La Petite-Patrie, André Lavallée.
Rien de neuf sous le soleil
L'opposition est loin d'être impressionnée par l'exercice montréalais.
« On parie encore sur la bonne volonté des autres paliers de gouvernement afin d’injecter les fonds nécessaires à leur réalisation », expose la chef de Vision Montréal, Noushig Eloyan.
« Le contenu de cette politique nous apparaît redondant puisque la plupart des mesures qu’on y retrouve sont déjà annoncées ailleurs, fait pour sa part valoir sa collègue Soraya Martinez, critique en matière de famille. Par exemple, on y parle de sécuriser 50 intersections, mesure qui figure déjà dans le Plan de transport. Ajoutons à cela la difficulté financière liée à la réalisation de tous les projets de cette administration et vous verrez que, finalement, tout cela me semble bien virtuel. »
La Politique familiale et le plan d’action de Montréal 2008-2012 peuvent être consultés au :
ville.montreal.qc.ca