Un marché automobile plus difficile
Plusieurs personnes croient encore que les concessionnaires automobiles font des profits mirobolants sur chaque voiture vendue. Dans le cas d’une vente de voiture neuve, ce n’est plus le cas. Il y a encore malheureusement des commerçants peu scrupuleux qui vendent des véhicules d’occasions en trafiquant les odomètres se mettre dans les poches une juteuse commission. Mais cela n’est pas notre propos pour aujourd’hui et fera l’objet d’une autre chronique. L’automobile a généré au Canada en 2007, des revenus de l’ordre de 156 milliards de dollars. À n’en point douter, c’est un des moteurs de l’économie. Mais au-delà des chiffres, il faut regarder comment cet argent est distribué chez les concessionnaires.
Plusieurs seront peut-être déçus d’apprendre que l’époque des milliers de dollars de profit par véhicule est bel et bien terminée. Il y a bien quelques modèles de grand luxe qui génère encore des profits un peu plus élevés, mais considérant le faible volume de vente, ces profits ne sont pas significatifs. Pour vous donner quelques chiffres, le profit par véhicule vendu au Canada l’an dernier était de 445$. Ce même profit se situait à 635$ en 2004. Pourtant, le prix des véhicules n’a pas diminué, alors qu’est-ce qui explique cette baisse ? Il y a plusieurs facteurs qui expliquent cette situation. Il y a d’abord les coûts d’exploitation d’une concession. La pression est de plus en plus forte pour que les concessionnaires opèrent des changements majeurs à l’image imposée par le constructeur. Une rénovation majeure peut demander de 2 à 3 millions de dollars, montant entièrement défrayer par le propriétaire de la concession. Une grande concession que l’on refait à neuf peut demander jusqu’à cinq millions de dollars. Naturellement, les profits en prennent pour leur rhume. Il y a aussi la concurrence de plus en plus féroce qui force beaucoup de commerçants à consentir de meilleurs prix, un meilleur taux d’intérêt, des taux de financement plus bas qui grugent aussi dans les profits. Il ne faut pas oublier le prix du dollar élevé qui récemment n’a pas aidé la cause de l’économie canadienne pour les gens d’affaires.
C’est vrai que les chiffres automobiles surprennent. Les concessionnaires ont fait de bons profits bruts de 9,0 milliards en 2007, le même niveau qu'en 2004, mais presque tout est sorti par la porte, ne leur laissant que 1,1 milliard de profits nets, contre 1,6 milliard en 2004. Les nouveaux véhicules ont rapporté 52,5 milliards, comparativement à 28,5 milliards pour les autos d'occasion, 57,8 milliards pour le financement et 17,3 milliards pour le service. Ce n'est pas pour rien que l'automobile attire autant l'attention des médias et des décideurs politiques, car elle emploie un travailleur sur sept au pays.
Le profit net du concessionnaire a chuté en un an de 50 000$, à 331 100$, comparativement au sommet de 442 500$ en 2004. Ce n'est donc pas étonnant que le Canada perde de 30 à 50 concessionnaires par année. Le concessionnaire automobile du Québec vend en moyenne 450 véhicules neufs par année. Les propriétaires de multiples concessions vont vendre quelques milliers de véhicules par année.
Alors souvenez-vous de ceci, la prochaine fois que vous irez magasiner une voiture, votre marge de manœuvre est d’environ 400 à 450$.
Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2008(annuelauto.com). Il anime également l’émission En Voiture tous les Samedi à 16 :00 sur les ondes du 98,5 FM de Montréal ou via internet au
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