Le café étudiant l'Exil est géré par 13 jeunes qui n'ont pas peur du travail. (Photo: Patrick Deschamps)
Des jeunes ouvrent un café à leur image
Il y a quatre ans, les jeunes du cégep Marie-Victorin ont décidé d'ouvrir un café à leur image. En 2004, la direction de l'établissement a appuyé leur idée et le propriétaire de la cafétéria leur a cédé les droits d'exploitation du café bistro qu'il gérait alors. Sans doute ne s'attendait-il pas à ce que les jeunes fassent de leur projet une si belle réussite.
L'initiative est partie de 13 jeunes qui, pour gagner un peu d'argent durant leurs études, souhaitaient se trouver un emploi qui serait à la fois valorisant et à proximité de leur lieu d'études. Étudiant dans des programmes aussi variés que les arts plastiques, les sciences de la nature et les communications, ils ont pris leur courage à deux mains, ont monté un plan d'affaires et ont ouvert, un an plus tard, le café l'Exil.
« Leur objectif était que les étudiants qui fréquenteraient le café se l'approprient », explique le coordonnateur Philippe Laterreur.
Aujourd'hui, les jeunes qui ont fondé le café ont, pour la plupart, quitté le cégep. D'autres étudiants ont pris la relève de l'entreprise, qu'ils gèrent eux-mêmes, à la manière d'une coopérative.
Le travail au comptoir n'est en réalité qu'une partie de tout ce qu'ils ont à accomplir. Divisés en petites équipes, les 13 jeunes ont à gérer un budget, des employés, à passer les commandes auprès des fournisseurs, à préparer les repas, etc. Ils s'occupent également de la décoration de l'endroit, lequel compte une centaine de places assises.
« C'est devenu super populaire », laisse savoir Mathilde, qui travaille au café l'Exil depuis deux ans. Cette dernière n'hésite pas à parler de son travail comme étant « l'une des expériences les plus enrichissantes » qu'elle ait vécue. « J'apprends tout le temps. Nous sommes autonomes, responsables, et c'est très motivant », dit-elle.
Le son de cloche est le même du côté d'Arianne, qui est au café depuis septembre. Pour elle, le café est aussi un endroit de socialisation. « Je suis entrée ici en même temps que je rentrais au cégep. Ça m'a permis de découvrir la vie étudiante, de me faire un cercle d'amis. » Si, pour l'instant, elle ne souhaite pas se lancer en affaires, elle estime que son expérience lui permettra d'avoir une bonne base pour partir sa propre entreprise si l'idée lui prend, un jour.
« Je trouve impressionnant que des jeunes de cet âge donne autant en termes de temps et d'énergie pour un projet comme ça. Les gens ne réalisent pas l'ampleur du travail », commente M. Laterreur, qui guide les jeunes dans leurs décisions.
À l'image des jeunes et de la société, le café l'Exil prend, depuis deux ans, le virage vert. « On privilégie l'achat local, on fait du recyclage, on a débuté le compostage et on utilise de la vaisselle en amidon de patate, biodégradable », explique le coordonnateur.
Près de 200 repas par jour sont servis au café l'Exil, qui est devenu un exemple d'entrepreneuriat.