(Photo: Éric Carrière)
Santé et bien-être des jeunes: l'affaire de toute une communauté
On dit souvent que ça prend un village pour élever un enfant. Avec sa nouvelle approche « Écoles et milieux en santé », le gouvernement du Québec souhaite adapter cet adage à l'échelle de la ville en tentant de faire converger les actions de toute une communauté vers un seul et même objectif: la réussite éducative, la santé et le bien-être des jeunes. Le tout dans le respect des valeurs de l'école.
« Faire un peu de ménage. Pour l'essentiel, c'est ça, l'approche "Écoles et milieux en santé", explique Daniel Côté, enseignant et animateur de séances d'informations sur le sujet. Ce n'est pas un programme, mais une démarche qui propose des outils pour que les gens posent un regard critique sur ce qu'ils font. »
« On a fait plein de choses en alimentation, pourtant, on a encore des problèmes d'obésité, cite-t-il en exemple. Il faut donc se demander si on fait les bonnes affaires. Si on veut être efficace, il faudra se concerter. »
Dans un guide adressé aux intervenants du milieu scolaire et leurs partenaires (milieu de la santé et des services sociaux, organismes communautaires, municipaux et socio-économiques), Québec explique que l'approche « Écoles en santé » propose « d'intervenir de façon globale et concertée en promotion et en prévention, à partir de l'école ».
« Les projets émanent des tables de concertation ou des écoles, on n'impose rien. On part de ce qui se fait et on le bonifie », laisse savoir l'agente pivot Ginette Meilleur, dont le travail consiste à implanter la nouvelle orientation dans les différents milieux.
L'approche « Écoles et milieux en santé » vise l'ensemble des jeunes, y compris les plus vulnérables. Les actions qui seront menées par les différents partenaires devraient permettre d'agir sur ce que le gouvernement considère comme les facteurs clés du développement des jeunes, à savoir l'estime de soi, la compétence sociale, les habitudes de vie, de même que l'environnement scolaire et familial.
« L'école est le deuxième milieu de vie de l'enfant, précise Mme Meilleur. Il y est plus de cinq heures dans une journée. C'est pour ça que l'école joue un rôle central dans la mise en œuvre de cette approche. C'est aussi une façon de rejoindre les parents. »
En clair, cette nouvelle approche signifie que, dorénavant, le sort des enfants ne sera plus seulement remis entre les mains de l'école et des parents, mais entre celles de toute une communauté.
Comme exemple de travail qui pourrait être fait en concertation avec l'école et les organismes concernés par le développement des jeunes, Mme Meilleur cite le relevé des activités qui se font sur l'heure du midi pour les élèves qui ne mangent pas à l'école. « Il faudrait savoir ce qu'on fait avec ces enfants-là », dit-elle.
L'approche « Écoles en santé » est issue d'une entente entre le ministère de l'Éducation des Loisirs et du Sport (MELS) et le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Elle sera déployée dans les différents territoires des Centre de santé et de services sociaux (CSSS), selon les réalités de chacun. Le tout se fait en collaboration avec les commissions scolaires.
Les grandes orientations qui seront proposées à la suite de l'analyse du milieu seront par la suite inscrites dans le plan de réussite de l'école.