C'est à l'aide de ce pistolet que sont tirées les cartouches pyrotechniques.
Des cartouches explosives pour faire peur aux goélands
Station d’épuration des eaux usées
La station d’épuration des eaux usées de Rivière-des-Prairies est aux prises avec un problème de taille, un problème de la taille de quelques centaines de goélands réunis. Exaspérés de marcher dans la fiente d’oiseaux et de ramasser des déchets qui leur tombent sur la tête, les techniciens de l’endroit tenteront de faire peur aux goélands à l’aide de cartouches explosives. La direction de la station d’épuration espère seulement que le bruit dérangera les goélands et non les résidents.
Depuis de nombreuses années, les goélands à bec cerclé fréquentent et apprécient le site de la station d’épuration des eaux usées. De mai à octobre, il peut y en avoir jusqu’à 3000 en une journée, principalement dans le secteur de la décantation. Les oiseaux se retrouvent à cet endroit puisque la nourriture y est facile d’accès et que les sites de repos qui s’offrent à eux sont sécuritaires. Ils s’alimentent en grande partie des déchets qui flottent à la surface de l’eau des décanteurs. Leurs aires de repos sont le sol, les lampadaires, les toitures des bâtiments et les rampes des garde-fous.
Les matières fécales et les déchets provenant des décanteurs que l’on retrouve sur le sol, les rampes et les équipements créent des désagréments importants d’hygiène et de salubrité pour les employés de ce secteur.
Un test concluant
Lors de notre visite, les goélands étaient des centaines à voler au-dessus des 21 décanteurs, à la recherche d’un semblant de nourriture ou d’un bout d’asphalte frais où il ferait bon mettre les pattes.
Impossible d’avancer sans mettre le pied dans une fiente. Des milliers de crottes réparties sur le sol, les rampes et la machinerie. « C’est dangereux. Les employés pourraient se blesser », croit l’assistant surintendant aux opérations, Sylvain Bélanger.
Étonnement, bien qu’ils n’aiment pas particulièrement les goélands, les employés de la station leur vouent un grand respect. « Ils sont intelligents, opportunistes et ils s’adaptent rapidement, a remarqué Sylvain Bélanger. C’est pourquoi nous devons utiliser plusieurs techniques à la fois, si nous voulons nous en débarrasser. »
Les techniques auxquelles M. Bélanger fait référence sont efficaces, du moins pour le moment. Rémi Beaudry, un technicien en entretien, nous en a fait la démonstration. D’abord, il enclenche un système de haut-parleurs imitant le cri de détresse du goéland. Ce cri affole les goélands et les incite à se regrouper. Ensuite, le technicien sort un fusil, le pointe vers le ciel et appuie sur la gâchette. L’arme est chargée d’un dispositif pyrotechnique qui parcourt une cinquantaine de pieds et explose en plein ciel. Cette explosion effraie les goélands. Aussitôt, ils prennent le large et on les voit disparaître à l’horizon.
« Le problème, c’est qu’ils reviennent une heure plus tard en général », déplore Sylvain Bélanger. Plusieurs détonations par jour seront donc nécessaires. « Les cartouches seront utilisées exclusivement de jour et durant les mois de mai à octobre. Rien n’explosera tôt le matin ni tard le soir », rassure-t-il.
Les techniciens auront recours à trois différentes cartouches: la sifflante, la « crépitante » et l’explosive. La sifflante est imperceptible à l’oreille humaine; la « crépitante » est moyennement bruyante; et l’explosive est assourdissante. « Le bruit de l’explosive correspond à la détonation d’un fusil de calibre .12, avertit Sylvain Bélanger. Toutefois, cette cartouche sera la moins utilisée des trois. Idéalement, on ne devrait même pas y recourir. »
La station d’épuration des eaux usées est consciente que ces bruits de fortes intensités pourraient incommoder les résidents à proximité du site de la station. « C’est pourquoi nous voulons les avertir par le biais du journal », de préciser Pierre Purenne, ingénieur expert.
Ces résidents ne sont pas nombreux toutefois. « À proximité, il y a des résidences en construction, le Club de golf métropolitain, un parc-nature et l’autoroute 40 », d’indiquer M. Bélanger, qui espère que le nombre de plaintes ne sera pas trop élevé.
« Si cette technique ne donne pas les résultats escomptés ou qu’elle dérange trop le voisinage, nous changerons de tactique. Il y a environ une douzaine de façons d’empêcher les goélands de nous déranger », laisse entendre Sylvain Bélanger. Installer des fils de pêche au-dessus des décanteurs en est une. Certains bassins sont déjà munis de ces fils. « Cette méthode empêche les goélands de descendre dans les décanteurs, mais ne les empêche pas de rôder autour du site », explique l’assistant surintendant aux opérations.
Malheureusement, la façon la plus efficace de se débarrasser de ces oiseaux est la plus dispendieuse sur le marché. Une méthode éprouvée que le lieu d’enfouissement sanitaire de Lachenaie emploie. « Des fauconniers lâchent des buses et des faucons dans le ciel afin de faire fuir les goélands », explique Sylvain Bélanger, qui ne croit pas que cette mesure soit appropriée pour l’instant.
Ti-Loup beaudry-cyr
Commentaire mis en ligne le 11 novembre 2008cool!Rémi Beaudry est mon père.