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Il brave les flammes pour sauver ses collègues

Marie-Josée Chouinard par Marie-Josée Chouinard
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Article mis en ligne le 16 juillet 2007 à 11:49
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Il brave les flammes pour sauver ses collègues
Le lieutenant Normand Ratté n'a jamais pu se faire à l'idée de perdre de ses hommes. Au risque de sa vie, il a sauvé deux des siens. - (Photo: Patrick Deschamps)
Il brave les flammes pour sauver ses collègues
Le lieutenant Normand Ratté se rappellera longtemps de la dernière journée de l'année 2005. Ce jour-là, il a dû braver les flammes pour sauver deux collègues de travail pris dans une résidence en flammes. Pour son geste héroïque, le pompier de la caserne 44 a été honoré récemment par le Service de sécurité incendie de Montréal, lors du Gala d'honneur 2007 pour actes de mérite et de civisme.
C'était le 31 décembre 2005 et il était environ 9 h lorsque l'alarme s'est déclenchée. M. Ratté s'en souvient comme si c'était hier. Il en parle d'ailleurs encore avec une certaine émotion. Le souvenir est encore vif. Chaque détail demeure intact dans sa tête.

Un incendie s'est déclaré au deuxième étage d'un duplex de la rue Louis-Darveau. Dès leur arrivée, une jeune fille a agrippé un pompier pour lui indiquer que son amie était toujours prise à l'intérieur. N'écoutant que leur instinct, sans aviser personne, deux pompiers se sont lancés dans le logis pour la retrouver. L'incendie faisait rage et les deux hommes n'ont pas réussi à trouver la jeune fille. Le brasier était trop intense. Il faisait noir comme la nuit dans le logement. En fait, il faisait si noir qu'ils n'ont jamais pu retrouver la porte pour sortir. Ils sont restés prisonniers des flammes.

Dehors, les pompiers accordaient tous les tuyaux et entreprenaient leur intervention. C'est à ce moment qu'ils ont vu apparaître les deux pompiers en détresse à une fenêtre. En les voyant, le lieutenant Ratté s'est précipité dans l'immeuble. « Comme officier, on doit veiller à ce qu'il n'arrive rien à nos gars. Je n'ai pas eu le temps de prévenir personne, il fallait faire vite. Je suis rentré pour aller les chercher. C'est là que la phrase " on rentre tout le monde le matin et on finit tout le monde ensemble le soir " a pris tout son sens », note le lieutenant qui compte 17 ans d'expérience.

Normand Ratté, qui en a vu des feux, s'est engouffré dans le logis dont une partie du plancher s'était déjà effondré. Il a eu le réflexe de garder la porte grande ouverte avec sa main sur la poignée pour ne pas la perdre. Il a crié à plusieurs reprises aux deux pompiers de venir à sa rencontre. Ils n'avaient qu'à se retourner et faire quelques pas pour l'agripper, mais la fumée intense empêchait les pompiers de le voir. « Je leur ai crié que j'étais là avec eux et qu'on sortirait tous ensemble. Je ne pouvais pas me faire à l'idée de perdre du personnel », se souvient M. Ratté qui est passionné par son travail.

Finalement, à force de crier et de gesticuler, les deux hommes ont fini par voir leur lieutenant. Juste à temps. La chaleur devenait insupportable pour les trois hommes. Ils se sont donné la main pour, enfin, sortir. Ils n'étaient pas au bout de leur peine. La porte de bois que retenait le lieutenant s'est alors embrasée. Ils ont dû franchir le mur de feu pour sortir, mais ils ont réussi. Un peu comme dans les films, dès qu'ils sont sortis, les flammes ont atteint la fenêtre où se trouvaient les deux pompiers quelques secondes avant.

Ils n'ont pas repris leur souffle bien longtemps. Le lieutenant voulait à tout prix éviter que les deux jeunes pompiers ne soient marqués par leur expérience. Ils sont donc remontés en selle et sont rentrés à nouveau avec leurs boyaux pour combattre l'incendie. Quand tout a été terminé, les deux pompiers ont dû être conduits à l'hôpital. Pendant qu'ils étaient pris dans la maison, un jet de flamme leur a brûlé les oreilles au premier degré.

Malheureusement, la jeune fille qui était prise dans le logement a perdu la vie dans le violent incendie.

Pour son geste périlleux, le lieutenant Normand Ratté de la caserne 44 du boulevard Rivière-des-Prairies a reçu un acte de mérite du SIM lors d'une cérémonie protocolaire.

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