Le bureau d'arrondissement pourrait être sur des terres humides
La construction prochaine du bureau de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles et de la maison de la culture sur le site du parc René-Masson, à Rivière-des-Prairies, ne se fera pas sans heurt. Déjà questionné par certains élus et quelques citoyens quant à sa pertinence, voilà qu'on apprend que le futur immeuble sera construit sur des terres humides.
Cet élément a fait l'objet de questionnements et de craintes de la part de quelques citoyens lors de la première phase de la consultation publique, le 28 juin dernier. À la séance du conseil d'arrondissement, le 3 juillet, d'autres personnes sont venues exprimer leur désaccord sur ce point. C'est le cas d'Yves Maheux, un résident de Rivière-des-Prairies, qui craint que l'arrondissement ne respecte pas la Politique montréalaise de protection et de mise en valeur des milieux naturels, qu'elle a adoptée en 2004, et qui vise à protéger 8 % du territoire. «Vous avez acheté les berges pour protéger ces milieux il y a 30 ans. Une loi a été faite pour les protéger, mais, aujourd’hui, vous voulez la ''déprotéger''. »
Dans un document émis par le conseil d'arrondissement, on peut lire que le site sur lequel sera construit le futur bâtiment « a subi différentes pressions au cours de son développement » et que « cette transformation du site et les remblais successifs ont engendré des modifications quant au nivellement et au drainage », si bien que « la partie la plus basse est désormais considérée comme un milieu humide ». De plus, on y apprend qu'un « ruisseau longe le futur site de la construction à l'intérieur du parc René-Masson ». L'arrondissement aura besoin de l'autorisation du ministère de l'Environnement du Québec pour effectuer toute intervention à cet endroit. Une demande en ce sens a d'ailleurs été récemment déposée par le conseil.
Visiblement en désaccord avec le projet, la conseillère Suzanne Décarie a appelé à la vigilance des membres du conseil d'arrondissement. « Quand on touche à un milieu humide, on regrette 30 ans plus tard. De plus, des espèces vivantes dans un milieu humide sont touchées lorsqu’elles entrent en contact avec les activités humaines », a-t-elle dit.
Invitée à commenter les intentions de l'arrondissement, la directrice du comité de la Zone d'intervention prioritaire (ZIP) Jacques-Cartier, Chantal Rouleau, a affirmé qu'une construction en milieu humide n'était pas l'idéal et que l'arrondissement se devait, en principe, de donner l'exemple. « Les milieux naturels sont de plus en plus importants, surtout en zone urbanisée. Il ne faut pas s'amuser à les saccager. » Elle a toutefois préféré ne pas réagir davantage à la question avant d'avoir pris plus ample connaissance du dossier.
Compensations
Toujours dans le document rendu public par le conseil d'arrondissement, celui-ci promet des « compensations » pour assurer la sauvegarde du patrimoine écologique. On parle ici de protéger, de toute forme de développement, les terrains situés à la tête de la coulée Grou. Quant à la préservation du ruisseau, les interventions dans le parc « prévoient la reconstruction du lit du ruisseau, la formalisation d'une zone de protection de 10 mètres de chaque côté du ruisseau, ainsi que la naturalisation de cette zone de protection ».
Au moment de mettre sous presse, les personnes concernées par le dossier à la Ville de Montréal n'avaient pu être rejointes, à cause des vacances estivales.
« Cette transformation du site et les remblais successifs ont engendré des modifications quant au nivellement et au drainage », si bien que « la partie la plus basse est désormais considérée comme un milieu humide ».