Surpopulation de cerfs au parc-nature



La population de cerfs de Virginie double à tous les cinq ans, quand les hivers sont cléments. (Photo : Thinkstock)

La population de cerfs de Virginie double à tous les cinq ans, quand les hivers sont cléments. (Photo : Thinkstock)

Yvan Fortin
Publié le 13 Mai 2011
Publié le 13 Mai 2011
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Sujets :
Ville de Montréal , Virginie , Région du Québec , Secteur Héritage

La population de cerfs de Virginie dans le parc-nature de la Pointe-aux-Prairies menace l'équilibre de ce milieu naturel. Dans certains secteurs, des espèces végétales sont surconsommées et pourraient disparaître d'ici peu d'années. La direction des grands parcs et du verdissement propose un train de mesures.

« On ne peut pas vraiment appeler cela une invasion. Il y a toujours eu des cerfs dans le secteur. Toutefois, à cause de conditions météorologiques favorables, la population de cervidés double à chaque cinq ans dans le parc. Cette surabondance met en péril l'équilibre de l'écosystème.

Des plantes comme la trille (une fleur de sous-bois) et le cornouiller (un arbuste) sont broutées de manière intensive. Des visiteurs demandent si nous élaguons les bosquets de cèdre (thuya), mais ce sont les cerfs qui en mangent les ramures », mentionne Denis Fournier, agent technique aménagement de la faune à la Direction des grands parcs et du verdissement de la Ville de Montréal.

Il y aurait de 30 à 40 cerfs par kilomètres carrés dans le secteur Héritage. Le parc étant enclavé par des cours d'eau, des voies de circulation rapides et des secteurs résidentiels, les animaux ne peuvent pas migrer vers d'autres secteurs. Le problème de surpopulation de cerfs toucherait principalement le secteur du parc situé au sud de l'autoroute 40.

En comparaison, dans les milieux sauvages de l'Estrie, la densité est d'environ six bêtes par km2. Le Québec compterait un cheptel de 400 000 cerfs de Virginie sur son territoire.

« On a déjà vu des coyotes dans le parc, mais la prédation des bébés et des bêtes malades n'est pas assez grande pour assurer le contrôle de la population. Un petit nombre de cerfs perdent la vie lors de collisions avec les trains. De trois à six bêtes sont heurtées par des camions et des automobiles sur les rues Sherbrooke et Notre-Dame. À notre connaissance, aucun cerf n'a été tué sur la 40. »

Clôture protectrice

Il y a quelques semaines, le conseil de ville de Montréal autorisait le lancement d'appel d'offres pour l'aménagement et la réfection des habitats des cervidés.

Les clôtures protégeront les secteurs les plus touchés par le broutage, en empêchant aux cerfs d'aller dans ces zones de renaturalisation. « Ces clôtures d'exclusion protégeront des zones de 300 à 400 mètres carrés. Cette mesure a été tentée, avec une certains succès, sur l'île d'Anticosti. »

On dressera des clôtures en broche de 2,4 mètres de hauteur. Le contrat sera accordé à la fin du présent mois de mai. Les travaux débuteront à la mi-juillet et se termineront au début septembre.

Contrôler la démographie

« Nous ne voulons pas éliminer le cerf de Virginie du parc, mais il faut rétablir l'équilibre », fait remarquer M. Fournier. Ce dernier rappelle aux visiteurs et voisins du parc-nature de ne pas nourrir les cerfs, car cela favorise leur reproduction.

La stérilisation par injection d'une partie des cerfs est considérée, bien que ce type d'intervention n'ait jamais été essayé au Québec.

Une chasse contrôlée est aussi envisageable, une mesure délicate dans un milieu où il y a des résidences et des institutions à proximité. « Durant une courte période de temps et dans un secteur précis, des chasseurs professionnels abattraient à l'arc un certain nombre de bêtes », explique le technicien en aménagement de la faune.

Pour ce qui est de capturer et de relocaliser des animaux dans une autre région du Québec, cela reviendrait à déplacer le problème, car d'autres régions des environs sont aux prises avec un boom démographique des cervidés. De plus, les cerfs sont des animaux délicats qui, souvent, réagissent mal à une anesthésie.

Dans un autre ordre d'idées, soulignons que, lors de la séance du conseil d'arrondissement du début mai, Solange Fillion, s'est plainte de ce que les cerfs du parc venaient manger ses plantes décoratives. Elle a demandé si les enclos auraient pour but de maintenir les animaux à l'intérieur du parc. Selon M. Fournier, une telle mesure serait irréaliste et très coûteuse, car dans le scénario proposé par la citoyenne, il faudrait ceinturer l'ensemble du parc-nature d'une haute clôture.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Mélyssa Pinard-Fortier
    - 27 Mai 2011 à 16:32:31

    Je crois que ce serait mieux si l'on faisait comme en Colombie-Britannique où des viaducs ont été construits pour faciliter le déplacement des animaux. On pourrait aussi introduire des prédateurs. Aussi, je vais à l'École Secondaire de la Pointe-aux-Trembles qui se situe juste à côté d'une des parties du parc et je ne me sentirais pas en sécurité d'aller à l'école tout en sachant que la saison de chasse est ouverte. Pour finir, les animaux qui seraient tués seraient-ils gaspillés ou serviraient de nourriture?

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