Équiterre met en garde contre le projet d’Enbridge

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Simon Bousquet-Richard
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Le jeu en vaut-il la chandelle?

« Il y a énormément de questions à se poser quant aux risques et au bénéfice de [l’inversion du flux de l’oléoduc 9 qui permettra d’acheminer le pétrole des sables bitumineux vers l’est du pays] », a mis en garde le porte-parole d’Équiterre, Steven Guilbeault.

L’environnementaliste a présenté ces enjeux à la cinquantaine de participants venus assister à une séance d’information organisée par le groupe Solidarité Mercier-Est, au centre Roussin, le 6 février dernier.

En plus de mettre en doute la question des bénéfices réels sur l’économie de l’est de Montréal, Steven Guilbeault s’inquiète pour l’environnement. Dans un premier temps, il dénonce le processus d’exploitation des sables bitumineux, qui « émet plus 82 % plus de gaz à effet de serre (GES) que le pétrole conventionnel », selon Équiterre.

« Pour produire un seul baril de pétrole, on doit brûler l’équivalent d’un demi-baril en énergie », a souligné M. Guilbeault. Il a expliqué que l’extraction du pétrole des sables bitumineux demandait l’utilisation de machineries très énergivores et une grande quantité d’eau.

Un accident est si vite arrivé

Mais ce n’est pas tout, Équiterre s’inquiète de l’augmentation des risques de déversement engendré par le transport du pétrole lourd et l’augmentation du débit dans des installations vieillissantes. Actuellement, l’oléoduc achemine environ 240 000 barils de pétrole léger par jour (b/j), Enbridge propose de transporter 300 000 b/j de lourd. L’installation a été construite dans les années 1970.

Pour illustrer les dangers d’un tel événement, M. Guilbeault a raconté la catastrophe de la rivière Kalamazoo, au Michigan, où un oléoduc d’Enbridge avait déversé 3 billions de litres de pétrole albertain. Lors de l’accident en 2010, plusieurs maisons du secteur avaient dû être évacuées. À la suite de l’événement, The U.S. Department of Transportation's Pipeline and Hazardous Materials Safety Administration avait sévèrement blâmé Enbridge, la condamnant à payer une amende de 3,7 M$.

Cet incident n’est pas isolé, rappelle M. Guilbeault, qui fait valoir que si, en 2000, Enbridge avait causé 48 déversements, en 2009, ce nombre était passé à 89. « Quand la compagnie dit “c’est la chose la plus importante pour nous, la sécurité”, c’est dur à croire », a conclu le porte-parole d’Équiterre.

En plus de la conférence à Pointe-aux-Trembles, Équiterre a également tenu une soirée d’information sur le renversement de la ligne 9, dans une salle bondée de Mascouche, ainsi qu’à Saint-Césaire.

Organisations: Enbridge, Groupe Solidarité Mercier-Est, U.S. Department of Transportation's Pipeline Équiterre US gov Solidarité Mercier-Est

Lieux géographiques: Montréal, Rivière Kalamazoo, Michigan Pointe-aux-Trembles Mascouche Saint-Césaire Montréal-Est Mercier-Est Alberta

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