La Journée internationale des femmes (JIF) du 8 mars est chargée d’un passé teinté de revendications pour l’égalité des femmes : propagation du droit de vote, accès aux fonctions politiques et abolition de la discrimination en milieu de travail ne sont que quelques exemples. Ce n’est qu’en 1977 que les Nations Unies officialisent une JIF à travers le monde.
Au cours du siècle, trois principales vagues de mobilisations sont notables.
La première s’inscrit au début du XXe siècle, un peu partout en Europe et en Amérique du Nord. Les femmes se regroupent et aspirent au droit de vote. Au Canada, celui-ci est accordé en 1918 – à l’exception du Manitoba, en 1916. Le Québec est la dernière province à permettre aux femmes de voter en 1940.
La seconde vague date de la fin des années 60 et du début de la décennie suivante. La mobilisation féministe conscientise la population à divers phénomènes sociaux tels que la légalisation de l’avortement, l’égalité dans la représentation politique et dans l’emploi ainsi que le sexisme et le patriarcat, peut-on lire dans un document de l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQAM.
Finalement, les années 80 et 90 marquent la redéfinition des concepts comme la race, le sexe et la classe. Les femmes poursuivent leur lutte pour conserver leurs droits déjà acquis et militent pour en avoir davantage.
Les femmes d’ici
Cette année, la population canadienne célèbre la JIF sous le thème « Le droit des filles comptent », qui propose l’égalité de la femme à toutes les étapes de sa vie.
Au Québec, ce sont un peu moins de quatre millions de femmes qui n’ont pas totalement obtenu l’égalité avec les hommes qui les côtoient. D’après les données du Ministère de la culture, des communications et de la condition féminine publiées dans D’égale à égal? Un portrait statistique des femmes et des hommes, l’écart du revenu annuel moyen entre celui d’une femme par rapport à celui d’un homme s’élevait à plus de 12 000 $ en 2001.
Toutefois, le document rappelle qu'il y a eu une « amélioration certaine, notamment au cours de la dernière décennie, du revenu féminin total, ou du revenu d’emploi, du salaire ou de la rémunération horaire, que cette amélioration soit en partie imputable à une scolarisation accrue ou à une croissance de l’activité dans un emploi à temps plein. »
Cet écart salarial est aussi présent chez la population immigrante. Il est écrit dans le document de la politique gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes, Pour que l’égalité de droit devienne une égalité de fait, que le revenu des femmes immigrantes équivaut à 63,6 % de celui des immigrants.
De plus, « les femmes sont davantage exposées à la pauvreté persistante, notamment les mères responsables d’une famille monoparentale et les femmes seules – dont les femmes aînées », stipule le même document.
Les statistiques dévoilées dans D’égale à égal? Un portrait statistique des femmes et des hommes démontrent aussi que les femmes sont davantage violentées. En 2004, 84 % des victimes déclarées de violence conjugale étaient de sexe féminin. Toutefois, ces données ne constituent qu'un volet de la réalité.
Comme l’a dit Frederick Douglass, orateur connu pour l'abolition de l'esclavage aux États-Unis au XIXe siècle : « Il n’y a pas de progrès sans lutte ». Qu’ils soient petits ou grands, les avancements pour les femmes seront toujours au rendez-vous.

Je trouve très dommage que des hommes viennent donner leur opinion sur un sujet qui ne les concerne pas. Il est indéniable que l'égalité entre les hommes et les femmes n'a toujours pas été atteinte en 2011 et qu'il reste encore de grands pas à faire. Je ne vois pas pourquoi cette journée ne pourrait pas être l'occasion de souligner les changements qui ont été faits dans le passé et de faire ressortir ce qui reste encore à faire. De plus, le fait que 84 % des victimes de violence conjugale soit des femmes est tout à fait valable. Avez-vous déjà vu beaucoup d'hommes se faire battre par leur conjointe?! Je crois que la réponse est évidente. Alors messieurs, laissez-nous célébrer cette journée comme nous l’entendons. Je pense que c'est l'occasion parfaite de faire pendre conscience à l'ensemble de la population que l'égalité n'est toujours pas atteinte et qu'il reste encore beaucoup à faire.