De la plume au pinceau

Samuel
Samuel Leduc-Frenette
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La peintre Loraine Galarneau expose ses tableaux à la bibliothèque

Dans le cadre du volet En terre prairivoise de sa programmation automnale, la maison de la culture a invité deux artistes locaux à exposer une partie de leurs œuvres à la bibliothèque de Rivière-des-Prairies. L’artiste peintre Loraine Galarneau occupera les lieux jusqu’au 16 octobre avec ses peintures « explorant le corps féminin dans toute sa force et sa fragilité ».

La peintre Loraine Galarneau a mis en peinture son poème « Écrire ». (Photo : Patrick Deschamps)

Le cœur de l’exposition est composé de six tableaux représentant le mouvement des corps féminins dans leur plus simple appareil. Les couleurs sont vives, du genre pastel. L’artiste mélange l’acrylique, l’encre, le fusain, etc.

La peinture est appliquée sur du papier cartonné trouvé alors qu’elle étudiait les arts visuels à l’UQAM il y a une dizaine d’années. C’est à cette époque qu’elle a eu l’idée d’écrire un poème sur lequel elle peindrait ces femmes.

« Un soir, je lisais L’avalée des avalés de Réjean Ducharme. Quand je l’ai terminé, j’ai dit “Wow!”, quelle leçon de liberté, lance-t-elle pour expliquer l’origine de son idée. Le lendemain matin, je me suis réveillée et c’est comme s’il y avait un ressort en moi. D’un seul jet, j’ai écrit le texte. »

Ce texte, qu’elle a intitulé simplement « Écrire », est une ode à l’art, à la création et à la liberté. « Ça parle de la solitude », dit-elle aussi.

« En premier, c’est juste écrire pour écrire, permettre l’extravagance. » Sauf que ce texte, quasi salutaire, sera à la base d’une œuvre complète.

« C’est un texte que je porte en moi. À un moment, je suis à l’université, et le professeur nous dit qu’il n’y aura pas de modèle vivant. J’étais un peu frustrée. J’ai décidé d’écrire le texte sur du papier cartonné », ajoute-t-elle. Il s’agit du même texte qui lui avait été inspiré par la lecture du roman de Ducharme.

Il est d’ailleurs possible d’entendre intégralement ce texte dans une vidéo à l’entrée de la salle d’exposition. « Je suis l’impudique vierge. Je péris en enfer du péché de leurs soupçons. Je péris en enfer du péché de leurs cons soupçons », y déclame-t-elle. Ou encore cet autre vers : « Se faire bouche-à-bouche, se respirer, voilà le magma de l’amour. »

Mme Galarneau a décidé d’illustrer la femme parce que c’est ce qu’elle connaît le mieux. La nudité est une façon de montrer les choses comme elles le sont réellement. « Je ne pense même pas aux vêtements. Pour moi, c’est le mouvement [qui compte]. Le corps parle par lui-même, justifie-t-elle. Quand on est nus, on est nous, […] on est réels. »

La Prairivoise d’adoption a fait pas moins de 30 expositions dans sa carrière. Celle qui dit être née artiste poursuit son cheminement artistique à plein temps. « Ça évolue dans le temps. Mais c’est toujours en rapport à l’univers féminin. »

Elle est d’ailleurs toujours en mode créatif. « J’ai amorcé un travail qui touche à la violence qui peut être faite aux femmes. »

Bien qu’elle ne puisse pas vendre ses peintures sur place, Mme Galarneau n’exclut pas de le faire à l’extérieur. Mais une chose est sûre : son poème ne sera jamais édité. Elle veut le garder pour elle-même et l’exploiter sous tous ses angles.

Organisations: UQAM

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