Les Acadiens mangent la claque

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Un coup de cochon

Sans éclat le gouvernement de Stephen Harper a désigné à la sourdine les provinces de l'Atlantique comme « région unilingue anglophone » pour des fins d’administration au sein de Service Canada.

L’agence de Service Canada a des bureaux à travers le pays pour répondre aux doléances et besoins des citoyens dans toutes les provinces.

Le changement veut dire que les provinces de l’Atlantique se retrouvent désormais regroupées dans une seule région Atlantique, avec le statut de région « unilingue »  incluant le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador et l'Île-du-Prince-Edouard.

Cela comprend le Nouveau Brunswick qui est de 20 à 25 pour cent francophone, et officiellement, la seule province bilingue au Canada.

Le changement veut dire que les employés de Service Canada, qui s’occupe de servir les Canadiens qui visitent leurs bureaux devront communiquer avec leurs patrons à Halifax en anglais.

Les clients pourront toujours transiger en français aux 91 comptoirs de Service Canada dans les provinces de l’Atlantique.

Au parlement à Ottawa, les parlementaires qui croient au bilinguisme sont en colère. Ils ne peuvent pas croire que les conservateurs auraient fait une telle chose, surtout pas juste avant des élections.

Ce n’est pas propice à leur gagner des votes acadiens.

Yvon Godin, le député néo-démocrate de l’Acadie-Bathurst est furieux. Il demande au gouvernement Harper de réviser sa décision et désigner « bilingue » la structure administrative de l'Atlantique.

Godin s'est plaint que les nouveaux gestionnaires nommés à Halifax sont pour la plupart des « unilingues » anglais qui remplacent dans bien des cas des prédécesseurs bilingues surtout ceux au Nouveau-Brunswick.

Ce n’est pas juste dit Godin pour une région où on trouve plus de 450 000 francophones.

La sénatrice libérale Maria Chaput du Manitoba dit que c’est « une violation flagrante » des droits constitutionnels des Acadiens et des francophones de cette région. 

Elle pourrait bien avoir raison.  La loi sur les langues officielles dit clairement que tout citoyen peut adresser le gouvernement fédéral dans la langue officielle de son choix, le français ou l’anglais.

Mais la loi dit également, et ceci est la partie importante dans ce cas, que tout fonctionnaire au fédéral a le droit de travailler dans la langue officielle de son choix. 

Cela ne veut certainement pas dire qu’il doit s’adresser en anglais pour faire affaire avec ses patrons  à Halifax.

Le député bloquiste de Gatineau, Richard Nadeau, a également dénoncé le changement à Service Canada. 

Les députés conservateurs francophones sont restés muets.  Ils n’ont pas osé contredire leur boss le Premier ministre.

Harper a envoyé sénatrice Marjorie LeBreton (qui a un nom français) dire que rien n'empêcherait les employés d'un bureau unilingue de s'adresser aux clients en français s’ils peuvent le faire. 

C’est bien beau madame la sénatrice, sauf que le problème n’est pas la communication avec les clients, mais plutôt la communications des fonctionnaires avec leurs supérieurs.

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