Une fuite du site « Wikileaks » rendue publique cette semaine révèle qu’en 2008, la France a tenté de prendre Omar Khadr, l’ancien enfant-soldat de nationalité canadienne, emprisonné à Guantanamo.
La France a proposé d’accueillir le jeune homme après que le Premier ministre Stephen Harper eu refusé de le reprendre à la demande du Président Barack Obama. Obama voulait vider la prison et avait demandé à ses alliés de rapatrier leurs nationaux.
Tous les pays avaient immédiatement acquiescé. Sauf Harper qui préférait laisser Khadr croupir en geôle.
Le gouvernement de Nicolas Sarkozy a eu vent du problème, et pour aider Obama, a offert de prendre Khadr.
Le ministre des Affaires étrangères de France, Bernard Kouchner a rencontré la Secrétaire d’état Hillary Clinton à Paris le 5 février 2009 pour en discuter. Clinton aurait parlé de la prison de Guantanamo comme « d’un cancer » qu’il fallait exciser rapidement.
Khadr, qui a maintenant 24 ans, avait été capturé par les Forces américaines en Afghanistan en juillet 2002, alors qu’il n’avait que
15 ans. Il a été emprisonné à Guantanamo où il a subi de la torture aux mains des Américains et des brutalités aux mains des interrogateurs du Service canadien de renseignements de sécurité.
Clinton aurait gentiment remercié Kouchner de son offre et promis d’examiner le cas Khadr, tout en précisant que c’était un cas complexe qui prendrait du temps à se régler. Pas étonnant, car elle ne voulait surtout pas embarrasser le gouvernement canadien.
Un pays européen accueillant un prisonnier canadien parce que son propre pays le rejette.
D’ailleurs l’offre de Kouchner était surprenante en soi. Ce ministre aguerri n’était pas sans savoir l’embarras dans lequel il plongeait Harper si Clinton avait accepté la proposition française.
Quant à Khadr, il est demeuré deux ans de plus à Guantanamo. Puis il a été condamné à huit ans de prison en échange d’un plaidoyer de culpabilité pour crimes de guerre contre des soldats américains.
D’enfant-soldat il est devenu un prisonnier-résident assenant du coup un œil au beurre noir au gouvernement canadien. Car Stephen Harper refuse toujours de le reprendre afin qu’il vienne purger sa peine au Canada.
