La prison RDP engorgée: un problème de sécurité?

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Josianne Desjardins
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Dormir sur des lits d’appoint près de la cuvette ou encore dans un gymnase est devenu chose commune au centre de détention Rivière-des-Prairies (RDP), faute d’espace. Une situation que redoute le Syndicat des agents correctionnels du Québec, préoccupé par la sécurité de ses membres.

Le centre de détention Rivière-des-Prairies. (photo: Isabelle Bergeron)

« Si on pouvait prendre des photos, vous verriez que c’est le tiers-monde. Je sais que je ne ferai pas pleurer personne en disant ça, mais c’est dangereux de fonctionner comme ça », révèle Stéphane Lemaire, président du syndicat.

Selon les plus récentes données du ministère de la Sécurité publique, la prison RDP affiche un taux d’occupation de 110%. En date du 11 juillet, elle hébergeait 542 détenus ou prévenus, alors qu’il devrait y en avoir que 477 pour fonctionner de façon régulière.

Il y aurait donc 65 prisonniers en trop, selon M. Lemaire.

C’est pourquoi les deux gymnases du centre ont été convertis en dortoir, et que des détenus dorment sur des lits d’appoint dans des cellules, où se trouvent déjà deux ou trois autres prisonniers.

« Ça augmente les tensions entre les détenus. Ce ne sont pas des gens très pacifiques. Ils peuvent être irritables facilement », s’inquiète M. Lemaire.

Celui-ci indique que cette situation, qui dure déjà depuis plusieurs mois, pourrait même favoriser les abus sexuels sur des détenus.

Aller « au trou » serait même devenu une récompense au centre : « Certains sont heureux d’y aller parce qu’ils peuvent être seuls et avoir un vrai lit », affirme le président du syndicat.

Appelé à réagir sur le sujet, le ministère de la Sécurité publique estime pour sa part qu’il n’y a pas à craindre pour la sécurité du personnel, ni des détenus. « (…) le MSP fait en sorte que toutes les mesures sont mises en place pour assurer notamment la sécurité du personnel et des personnes incarcérées dans tous les établissements de détention sous sa responsabilité », nous-a-t-on répondu par courriel.

Le MSP poursuit en disant que « différents moyens sont mis en place pour gérer la surpopulation » au quotidien, comme en effectuant le « transfert des personnes incarcérées dans d’autres établissements, le classement des personnes incarcérées ainsi que la gestion des sentences ».

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Organisations: Ministère de la Sécurité publique

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  • marlene tardif
    24 juillet 2013 - 00:26

    mon conjoint est incarcere le 16 juillet 2013 je trouve ca inpitoyable de dormir avec d autres je l aime encore et je suis sincere de mes sentiments il a un serieux probleme il regrette son geste moi je suis prete a lui pardonne (Pierre Ratelle) bien a vous une femme desesperee