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Travailleuses de la construction: elle s'élève contre la discrimination




Karyne Prégent, représentante syndicale pour la condition féminine à la CSN-Construction.

Karyne Prégent, représentante syndicale pour la condition féminine à la CSN-Construction.

Josianne Desjardins
Publié le 7 Novembre 2011
Publié le 7 Novembre 2011
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Se disant victime de discrimination par ses collègues masculins, une menuisière brise le silence et invite ses consoeurs du domaine de la construction à dénoncer leurs mauvaises conditions de travail sur le web.

Sujets :
Rivière-des-Prairies

Karyne Prégent, une résidente de Rivière-des-Prairies, est devenue représentante syndicale en condition féminine pour la CSN-Construction après avoir vécu des expériences de travail décevantes.

La menuisière raconte qu'elle devait encaisser les blagues salaces ou « dégradantes » de ses collègues sur le chantier. Un jour, elle aurait même retrouvé un dessin moqueur d'elle dans les toilettes.

« J'ai le sens de l'humour, mais ça devenait trop. C'était de la pure provocation », déplore-t-elle.

Même avec plus de dix ans d'expérience dans le métier, Mme Prégent dit qu'elle se retrouvait constamment à exécuter des « tâches de débutant ».

« Je devais passer le balais ou encore poser de la laine. On me disait que j'étais trop petite pour transporter de l'équipement lourd. En n'ayant jamais l'occasion de pratiquer mon métier, je n'ai jamais pu passer mon examen de compagnon », déplore-t-elle.

 « Boucher les trous »

En cumulant les petits contrats, la recherche d'emploi a toujours été à recommencer pour Mme Prégent. Et dans des circonstances parfois humiliantes.

« On ne te laisse même pas la chance de t'exprimer. Lorsque j'ai appelé pour une offre d'emploi, la secrétaire m'a demandé si je cherchais une job pour mon mari », raconte-t-elle.

La menuisière est convaincue que la loi sur la discrimination positive doit être resserrée.

« Lorsque les employeurs choisissent des femmes, c'est souvent pour boucher les trous. Et ça, c'est quand on te donne une chance. Il a souvent fallu que je me trouve de l'emploi ailleurs pour joindre les deux bouts», indique-t-elle.

Mme Prégent suggère que le gouvernement donne des subventions pour inciter les employeurs à engager plus de femmes.

« C'est dur à dire pour mon orgueil, mais tant qu'ils n'auront pas de bonus pour le faire, ça va rester comme ça », soutient-elle.

Celle-ci affirme qu'en dix ans de métier, elle a seulement rencontré une plâtrière et une peintre sur le même chantier qu'elle.

La loi du silence

Mme Prégent est convaincue que les cas de dénonciation se font rares parce que les travailleuses « savent qu'elles ne pourront plus travailler par la suite ». 

« Ça se sait rapidement avec le bouche à oreille. Je sais que j'aurais été barrée par tous les autres employeurs, que personne n'aurait voulu m'engager parce que j'aurais été considérée comme une fauteuse de troubles », croit-elle.

Celle-ci mentionne que seulement deux cas de harcèlement ont été rapportés à son syndicat : du GHB a été mis dans le jus d'une travailleuse et une autre a été agressée sexuellement lors de son quart de travail de nuit.

C'est pourquoi Mme Prégent a eu l'idée de lancer une page Facebook en association avec les Femmes regroupées en occupation non-traditionnelle (F.R.O.N.T) pour donner une voix à toutes celles concernées.

Elle compte réunir plusieurs organismes autour du projet afin de rendre la page en un lieu d'échange et de référence.

Les entreprises en construction qui engagent des femmes seraient également mentionnées.

 Les travailleuses de la construction au Québec

Les femmes occupent seulement 1,2% des emplois en construction au Québec, le taux le plus bas au Canada.

La moyenne canadienne est de 3% et l'Alberta est la province où les femmes sont le plus présentes, soit à 5,9%.

Selon un rapport de la Commission de la construction du Québec (CCQ), 18% des travailleuses de la construction abandonnent le domaine pour des raisons personnelles, ce qui pourrait cacher des problèmes de harcèlement ou d'isolement.

Les femmes apprenties charpentier-menuisier en troisième année gagnent en moyenne 24 311$, comparativement à 32 218$ pour les hommes.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Marie-Claude Côté
    - 16 Novembre 2011 à 11:35:04

    Bravo Karine. Vous vous respecez vous même et vous êtes héroïque! prenez courage car chaque jour qui passe fait avancer votre cause. En théorie, il serait normal d'avoir un millieu de travail assaini de toute forme de discrimination. Malheureusement, une dure réalité nous attends lorsque nous tentons de faire valoir ce droit à l'égalité, pourtant si cher dans d'autres domaines de la société. J''ai espoir que les mentalité continuerons d'évoluer et qu'un jour nous soyons assez nombreuses pour provoquer une meilleure integration et que enfin, nous puissions nous épanouir dans ces métiers qui sont valorisant et qui font bien vivre. ON Y A DROIT NOUS AUSSI! Bravo

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  • Nom de l\'usager
    Shadow
    - 14 Novembre 2011 à 11:37:54

    J'ai laché mon cour de charpenterie à cause de ça. Même a l'école il y a de la discrimination des autres étudiants et même des profs. Bravo Karine!

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  • Nom de l\'usager
    Marie
    - 11 Novembre 2011 à 09:25:53

    Je te dis un gros BRAVO et continue d'être vraie une battante car les femmes ont besoin de toi et briser les préjuger... Ça vaut la peine de se battre pour ses convictions et pour ses droits...... Je travaille dans le milieu de la santé, les gens sont tres respectueux et on travaille beaucoup en equipe...les femmes medecins sont battues pour avoir leur droit d exercer leur metier c etait au debut 1845 et aujourd hui, il n y a plus de préjuger. Donc, continue de se battre pour tes droits et de croire à tes convictions , a tes valeurs, car on a besoin des gens comme toi pour batir un meilleur même si ce n'est pas facile et surtout les travailleues qui aiment vraiment leur profession autant pour les hommes et non dans le but de caller les autres.! Si c'était le cas, ou est la logique, ou le savoir vivre ou est d'aimer son travail, iln y a pu de respect, faire des acharnements..c'est complètement déplorable, car je ne les considère pas des adultes mais plutôt inhumain..celame désole. et en plus..on va être bientôt en 2012..Il y a quelque chose qui ne marche pas ! Je peux dire que ca me décoit de les voir agir de cette façon face a des travailleuses ! Une chose est sure, je pensais que les hommes avaient plus de classe que ça, mais malheureusement,t je me suis complètement trompée ! Voila ! Bonne Continuité et surtout lâche pas !!! Je suis avec vous même si je ne suis pas dans le même domaine mais le respect c est prémordiale...! COURAGE xx

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  • Nom de l\'usager
    Mictaz
    - 10 Novembre 2011 à 09:51:38

    Bravo Karyne cousine! Ne lâche surtout pas... C'est en buchant dessus qu'on va finir par y arriver... Je suis de tout coeur avec toi! XxXxX

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  • Nom de l\'usager
    Robbie
    - 8 Novembre 2011 à 09:44:59

    Bravo Karine je suis avec toi ne lache pas tu as la une bonne cause et surtout que les travailleurs de la constructions sont en manque de mains d'oeuvres,la populations de la constructions est trop vieillissantes,la moyenne d'age est de 40 ans et tantot il y aura pénurie et la femme sera tres en demandes ne lache pas je suis ta cause de pres...Robbie

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